Intrusion à Cattenom

12 octobre 2017 12:45; Act: 12.10.2017 17:47 Print

«C'est facile d'entrer dans une centrale nucléaire»

CATTENOM/LUXEMBOURG - Les militants de Greenpeace qui ont approché ce jeudi matin la centrale nucléaire de Cattenom pointent sa faible protection. EDF porte plainte contre eux.

Voir le diaporama en grand »

  • par e-mail
op Däitsch
Sur ce sujet

Huit militants de Greenpeace France étaient jeudi matin toujours en garde à vue après leur intrusion sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom, tout près de la frontière luxembourgeoise, où ils ont tiré un feu d'artifice. «Il était 5h30 quand les militants se sont introduits», raconte Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace Luxembourg, contacté par L'essentiel. Greenpeace Luxembourg a co-organisé l'action avec les Français. «Ils ont dépassé les deux clôtures de sécurité pour arriver devant le bâtiment où est stocké le combustible nucléaire», poursuit Roger Spautz, qui était sur place ce matin. «C'est au pied de ce bâtiment qu'ils ont réussi à tirer le feu d'artifice».

Pour Greenpeace, cette action a vocation à mettre en lumière les failles dans la sécurité de la centrale, déjà pointée du doigt dans un rapport de l'ONG écologiste il y a quelques jours. «On voulait montrer que c'est facile, ou du moins pas trop difficile, de pénétrer dans l'enceinte d'une centrale nucléaire et d'approcher le bâtiment où se trouvent les combustibles», explique Roger Spautz. En clair, selon Greenpeace, les centrales nucléaires seraient fragiles face à des actes malveillants. Selon EDF, les gendarmes, qui avaient évalué un danger peu important, ont intercepté les militants en 8 minutes. Pour Arnaud Courcoux, directeur délégué de la centrale joint par L'essentiel, «la réponse était appropriée au danger».

«Pas d'accès à la zone nucléaire»

«Les gendarmes ont proportionné leur intervention» à une manifestation pacifique, selon Arnaud Courcoux. Selon lui, «ils ont pris des risques. L'intervention aurait été plus rapide si les gendarmes avaient pensé qu'ils avaient de mauvaises intentions». Le dispositif de sûreté, selon lui, a bien fonctionné. «Il y avait cette nuit, comme tous les jours, des équipes de surveillance d'EDF, des équipes d'une société de gardiennage et les gendarmes affectés à temps complet à la sureté de l'installation, 365 jours par an. Chacun a parfaitement joué son rôle et les militants ont été arrêtés avant d'atteindre les zones sensibles et les bâtiments situés sur les terrains EDF de la centrale».

L'opérateur de la centrale nucléaire a annoncé qu'il allait déposer plainte. «On a des dégradations sur l'installation et le fait de pénétrer dans l'enceinte est un délit», affirme Arnaud Courcoux. Les militants «risquent plusieurs années de prison et plusieurs dizaines de milliers d'euros d'amende», a déclaré Olivier Lamarre, directeur adjoint du parc nucléaire d'EDF. Ces militants sont des «irresponsables», car ils ont joué avec leur vie pour «une opération de communication», a-t-il dénoncé, ajoutant que Greenpeace «n'a rien démontré, sinon que le dispositif de sécurité a fonctionné parfaitement». De son côté, la procureur de la République de Thionville, Christelle Dumont, a indiqué que «les sanctions encourues» étaient de «cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende».

Reportage sur les événements:

Arnaud Courcoux, directeur délégué de la centrale, réagit:

Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace Luxembourg:





(JW/L'essentiel avec AFP et JV)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • 2 poids 2 mesures le 12.10.2017 15:28 Report dénoncer ce commentaire

    Si les personnes de Greenpeace avaient été interpellées à coups de matraques voir qu'un ou plusieurs aient été blessés par la sécurité, ils diraient que cela a bien fonctionné ou ils crieraient au scandale de violences contre une opération de communication ?

  • LeTroll le 12.10.2017 14:25 Report dénoncer ce commentaire

    Je pense que ces activistes peuvent être contents que les gardes ne se mettent pas à tirer dès la détection d'un intrus, sinon ils auraient pu compter les morts - et ils crieraient au scandale.

  • Oh Secour le 12.10.2017 15:15 Report dénoncer ce commentaire

    Greenpeace, la nouvelle société d'audit en matière de sécurité ?....

Les derniers commentaires

  • lkral le 13.10.2017 21:43 Report dénoncer ce commentaire

    Ils on bien rendu service à la société en démontrant les défauts de la sécurité. Et si prochainement les teroristes rentre à la place des greenpeaciste ? Arrêtons les condamnations gratuites. Ils prenent le risque pour nous protéger et nous avertir des danger du nucléaire

  • lea le 13.10.2017 01:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    D accord tout est dit la !!!

  • Ancien travailleur à cattenom le 13.10.2017 00:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Faut arrêter de délirer. Ayant moi même travaillé à la centrale de cattenom, c'est pas facile de rentrer. La seule eventuelle façon de rentrer est de se faire "pistonner" par quelqu'un ayant des accès, mais même là c'est pas aussi facile que l'on croit. De plus, il font péter des pétards à proximité du bâtiment combustible (Bk) , soit. Mais faut il rappelé l'épaisseur des murs du bâtiment ainsi que le cheminement à réaliser afin d'y accéder ? Et le Bk n'est pas aussi "dangereux" que le bâtiment réacteur. Faut arrêter de se faire des idées.

  • Le Cerbère. le 12.10.2017 22:36 Report dénoncer ce commentaire

    Je pense sincèrement que les militants de Greenpeace devraient arrêter une fois pour toutes leurs "bêtises" du jeu du chat et de la souris dans les centrales nucléaires françaises, parce-que un jour ou l'autre cela va finir par une bavure et on va se retrouver avec un mort!

  • Luxo le 12.10.2017 17:58 Report dénoncer ce commentaire

    Si c'était de vrais terroristes, avec des explosifs, ou même un bazooka ou lance roquette... Nous aurions eu le même feu d'artifice avec un peu de crépis qui se détache du mur ou une porte déformée. Ils n'ont franchis qu'une cloture pour arrivé sur un parking, en aucun cas ils ne sont rentrés dans un bâtiment sensible. N'oublions pas que la centrale a été construite pour resister aux tremblements de terre ou la chute d'un avion. La sécurité a parfaitement fonctionnée puisqu'ils ont été intercepté avant d'arrivée à proximité des bâtiments non sensibles.

    • le sage le 12.10.2017 18:21 Report dénoncer ce commentaire

      Vous n'avez sûrement pas lu le rapport de Greenpeace de cette semaine qui dénonce le risque des piscines de refroidissement. L'épaisseur des murs n'est que de 30 centimètres !

    • N'imp le 12.10.2017 18:24 Report dénoncer ce commentaire

      comme si souvent.. bien sur qu'ils ont eu acces ils ont eu acces au batiment sensible qu'ils souhaitaient atteindre. Il n'y a pas que le coeur sensible dans une centrale. Quand aux explosifs ils auraient fait les degats necessaires les murs des piscines n'ayant de loin pas la meme resistance que ceux des tours.

    • Ancien travailleur à cattenom le 13.10.2017 00:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      T'as 1 mur de 30 cm qui sépare l'extérieur de l'intérieur du bâtiment combustible. En sachant qu'une fois ce mur traversé il y a plusieurs planchers d'environ 40 cm à traverser pour arriver à la zone surveillé (présence de contamination / radiation) et que la piscine "dormante" est située à plus de 12m de hauteur. Donc si demain des terroristes veulent faire péter le mur, va falloir qu'ils se lève tôt, et qu'ils sachent ou frapper pour que cela fasse mal. Or, je doute qu'on puisse trouver les plans détaillés d'une centrale sur Google.