Déchets radioactifs lorrains

24 octobre 2017 17:50; Act: 25.10.2017 14:05 Print

L'agriculteur qui a aidé les anti-​​Cigéo, condamné

BURE - Jean-Pierre Simon a été condamné mardi, à deux mois de prison avec sursis, pour avoir aidé en 2016 une action des opposants au projet d'enfouissement de déchets nucléaires.

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Le projet Cigéo, objet d'une guérilla juridique entre l'Andra et ses opposants, vise à enfouir à 500 mètres sous terre, à Bure, les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français. (photo: AFP/Jean-christophe Verhaegen)

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Jean-Pierre Simon, 57 ans, dont l'exploitation est située à Cirfontaines, près de Bure, a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc de «complicité d'occupation» du bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet Cigéo. «Je ne m'attendais pas à une relaxe. Mais ça reste injuste, le dossier est une coquille vide. Je ne suis incriminé à aucun niveau, si ce n'est mon matériel», a déclaré l'agriculteur.

Il s'est toutefois dit soulagé d'avoir été «libéré» après s'être attendu «au pire». L'eurodéputé écologiste José Bové a dénoncé sa condamnation comme «une tentative d'intimidation des opposants scandaleuse», dans un message sur son compte twitter. Jean-Pierre Simon a 10 jours pour faire appel.

Un préjudice estimé à plus de 25 000 euros

En juin 2016, ce militant à la Confédération paysanne avait prêté aux antinucléaires du matériel agricole - un tracteur, une bétaillère et des bottes de paille - qui aurait facilité l'occupation du terrain. Il a été poursuivi en justice par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), propriétaire du terrain.

Lors de son procès, le 12 septembre, le parquet avait requis 3 mois de prison avec sursis, mais demandé la restitution du matériel agricole confisqué. Son tracteur et la bétaillère lui seront rendus sous dix jours. Lors du procès, l'Andra avait renoncé à demander des réparations financières à l'encontre de M. Simon «dans un souci d'apaisement», mais l'Agence soulignait avoir subi un préjudice avec les dégradations commises par les opposants au projet, qu'elle évaluait à plus de 25 000 euros.


(L'essentiel/afp)