Procès de Jérémy Pierson

29 janvier 2018 20:19; Act: 30.01.2018 08:20 Print

«J'ai du mal à me situer dans l’espace-​​temps»

ARLON - Lundi après-midi, Jérémy Pierson, accusé d’avoir enlevé, torturé et assassiné Béatrice Berlaimont, a pris la parole pour détailler les faits qui se sont produits en 2014.

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Le procès de Jérémy Pierson, 30 ans, accusé d’avoir enlevé, torturé et assassiné, la jeune Béatrice Berlaimont, 14 ans en novembre 2014 dans le sud de la province de Luxembourg, s’est ouvert lundi à Arlon. Après la lecture des 54 pages de l’acte d’accusation durant trois heures, la cour a interrogé Jérémy Pierson qui a constamment rappelé qu’il avait du mal à se situer «dans l’espace-temps» lorsqu’il était sous l’emprise de cocaïne, amphétamine, héroïne, des drogues qu’il a achetées et consommées en fortes quantités au moment des faits à Mont-Saint-Martin en France et près de la gare à Luxembourg-Ville.

Le poing serré et très attentive, la maman de Béatrice, Isabelle Hustin, n’a pas lâché du regard l’accusé tout au long de l’audience. Craquant rarement par moments lorsque certains détails de l’expertise médicolégale ont été dévoilés. Quant à Jérémy Pierson, petit délinquant à l’enfance difficile devenu toxicomane, voleur de sacs et de voitures, et qualifié de «très dangereux pour la société», il ne semble pas avoir pris conscience des faits qui lui sont reprochés.

«Rendre hommage aux victimes»

Régulièrement sous l’emprise de la drogue depuis le début de l’adolescence où «il fumait 5 à 6 joints par jour en moyenne dès l’âge de 12 ans», Jérémy Pierson a quitté le système scolaire belge vers 16 ans avant de rejoindre l’Espagne dans la région de Gijón, où il multipliera petits boulots et mauvaises fréquentations avant de trouver sa compagne avec qui il aura un petit garçon en décembre 2012.

Durant ce premier jour de procès, qui durera plus de deux semaines, d’une voix fluette avec des réponses très brèves, Jérémy Pierson a tenté de faire croire que la petite Béatrice Berlaimont, avec qui il a reconnu avoir deux relations sexuelles «pas forcément consenties», n’avait jamais tenté de s’échapper du container et de la voiture où il l’a attachée durant plusieurs jours. Des propos dénoncés par Catherine Mignon, avocate d'Isabelle Hustin, mère de la jeune adolescente. «C’est insupportable pour mes clients d’entendre de l’accusé qu’il n’y a eu aucune contrainte», regrette-t-elle. «On ne peut absolument pas y croire. D’autant plus que l’on sait comment il a commis plusieurs agressions. Les proches vont témoigner pour rendre hommage aux victimes dans les prochains jours».

Lundi matin, le procès s'était aussi concentré sur l'agression sexuelle de Sauvane Watelet, 21 ans au moment des faits et grâce à qui les enquêteurs avaient pu remonter la piste du suspect, arrêté à Arlon le 9 décembre 2014. «Ce que Jéremy Pierson nous a fait subir, c’est inhumain», a avoué avec dignité la Virtonaise de 24 ans. «Avec la famille de Béatrice, on est désormais très proches car ces faits, très graves, nous ont rapprochés. On va faire bloc durant les trois semaines de procès pour que justice soit rendue».

L'interrogatoire de plusieurs témoins se poursuivra à Arlon lors des prochains jours.

Sauvane Watelet, victime de Jérémy Pierson:

Catherine Mignon, avocate d'Isabelle Hustin, mère de Béatrice Berlaimont:

Dimitri Soblet, avocat de Jérémy Pierson:

(Frédéric Lambert/L'essentiel)