Fusillade à Liège

14 décembre 2011 14:36; Act: 14.12.2011 16:29 Print

Nordine Amrani se serait senti «harcelé»

Le «tireur fou de Liège» collectionnait armes et munitions et ressentait de la pression policière en raison de plusieurs affaires judiciaires.

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«C'était un délinquant qui a, toute sa vie, connu des difficultés: le tribunal pour la jeunesse, le tribunal correctionnel, les cours d'appel... Comment est-ce que cette personne a pu se venger sur la population locale innocente? Nous allons essayer de le comprendre», a confié mercredi le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé, à la radio publique RTBF.

Né le 15 novembre 1978 à Ixelles, un quartier de Bruxelles, Nordine Amrani a perdu tôt ses parents et a ensuite été «très vite livré à lui-même», selon son ancien avocat, Abdelhadi Amrani, qui n'a aucun lien de parenté avec lui. Cette situation l'a conduit sur la voie de la délinquance. Nordine Amrani présentait un casier déjà bien chargé. Il s'agit d'un repris de justice, poursuivi pour des affaires de stupéfiants, de détention d'armes, de recel et aussi pour des affaires de mœurs.

«Il avait l'impression d'avoir payé sa dette à la société»

La police a découvert chez lui en 2007 un arsenal - plus de 9 500 pièces de rechange d'armes, des silencieux et plusieurs fusils - ainsi que 2 800 plants de cannabis. Il a été condamné à un total de 5 ans et demi de prison pour une série d'affaires, avant d'être libéré sous condition le 8 octobre 2010. Soudeur de profession, Amrani avait recommencé à travailler à sa sortie de détention. «Ce gars avait vraiment de l'or dans les mains. Il était capable de démonter une voiture et de la remonter quasiment les yeux fermés. La mécanique c'était son truc», se souvient son ancien défenseur.

Nordine Amrani, qui avait une compagne, se sentait malgré tout «harcelé» par les policiers, selon lui. «Il avait l'impression d'avoir payé sa dette à la société. Il avait l'impression que, durant toute sa vie, on allait revenir avec ses anciens dossiers. Que jamais il n'aurait la paix», dit son ancien conseil. Parmi ses dossiers: une affaire de mœurs pour laquelle il était convoqué mardi, à 13h, au service de police d'enquête de la brigade judiciaire de Liège. Il ne s'est jamais présenté et a tiré sur la foule à ce moment là.

«Il a dû certainement péter un câble»

Pour un de ses collègues, ces ennuis judiciaires minaient Nordine Amrani, dont le comportement avait changé récemment. «Il m'avait dit: en décembre, je vais avoir des affaires en justice encore, à cause de cela il était assez stressé et angoissé», a confié cet homme à la radio RTL-Belgique. Mais rien ne laissait présager un tel geste.

«Certes il aimait bien les armes, certes il avait son passé judiciaire mais c'était un homme très posé, très calme», a renchéri Me Amrani. «Il a dû certainement péter un câble», poursuit-il. «À aucun moment, dans les procédures judiciaires à son encontre, on n'a relevé un quelconque déséquilibre le concernant», a pour sa part déclaré la procureur du roi de Liège, Mme Danièle Reynders, mardi, lors d'une conférence de presse. Après avoir tiré sur la foule et lancé plusieurs grenades, Nordine Amrani a retourné une arme contre lui et s'est tiré une balle en plein front. Il n'a laissé aucun message pour expliquer son geste, même pas à sa compagne.

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(L'essentiel Online/AFP)