Sidérurgie en Lorraine

31 janvier 2018 14:55; Act: 31.01.2018 16:59 Print

Une grève paralyse l'aciérie d'Hagondange

HAGONDANGE - Une centaine de salariés se sont rassemblés devant le site d'Ascométal, ce mercredi, pour protester contre la fermeture programmée de l'aciérie.

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35 postes seront supprimés ces prochaines semaines à Hagondange, siège d'Ascométal, selon la CGT. (photo: France 3 Lorraine)

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Les grévistes doivent rencontrer un conseiller du ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, attendu à Metz dans l'après-midi. «L'aciérie a besoin de 15 millions d'euros d'investissement pour être performante et la logique de Schmolz + Bickenbach, c'est de dire que ça coûte moins cher de déplacer les tonnes (d'acier) en Allemagne», a résumé devant les salariés Yann Amadoro, responsable CGT.

Le groupe suisse Schmolz + Bickenbach, désigné lundi comme repreneur de l'aciériste français Ascométal, prévoit notamment de fermer d'ici à deux à trois ans l'aciérie de Hagondange, le train à fil à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et le laminoir à Dunes (Nord), ce qui entraînerait la suppression de 250 emplois, redoute la CGT. Sur le site mosellan, siège social d'Ascométal, «35 postes seront supprimés» dans les prochaines semaines, selon M. Amadoro.

«Sauvez nos emplois»

Sur le rond-point d'accès au site sidérurgique, des croix en bois peintes en rouge et des drapeaux de la CGT ont été plantés. Devant le poste de garde, une centaine de salariés, la plupart vêtus d'une chasuble rouge frappée du sigle CGT, se réchauffait devant les foyers allumés pour griller les saucisses du déjeuner. Les discussions tournaient autour des congés, des suppressions d'emplois, du plan industriel du repreneur.

«Investir 15 millions d'euros pour sauver 150 familles; Sauvez nos emplois; Dernière aciérie de Moselle», pouvait-on lire sur des pancartes accrochées au grillage. «C'est ici que j'ai été formé en tant qu'aciériste. Le carnet de commandes est très plein», racontait Mohamed Madd, en CDI depuis neuf ans, qui «ne réalise pas encore». Les grévistes ont reçu le soutien notamment de salariés d'Arcelor Mittal, à Gandrange, dont la production d'acier a fermé en 2009.

«On aura toujours besoin d'acier»

«Dix ans après, on n'a pas retenu la leçon. On nous parle d'industrie tous les jours et on laisse détruire la dernière aciérie électrique de Moselle», soupirait Christophe Jacquemin, secrétaire CGT à Gandrange. Le syndicaliste a déploré l'absence de «stratégie industrielle pour la production d'acier» de la France. «L'Allemagne a continué à investir pendant dix ans, malgré la crise, et aujourd'hui elle a des outils performants», a-t-il estimé.

Nicolas Haettinger, à Ascométal depuis 13 ans, a dit se sentir «abandonné par la direction qui n'a pas investi, qui a fait les mauvais choix, qui nous a caché la vérité, et par l'État». «À croire qu'on ne produit plus rien en France... Pourtant, l'acier c'est stratégique, on aura toujours besoin d'acier», a-t-il dit.

(L'essentiel/afp)