Affaire Grégory

07 février 2018 12:02; Act: 07.02.2018 12:50 Print

«Nous voulons sortir Murielle Bolle par le haut»

VOSGES - Les avocats de Murielle Bolle reviennent devant la cour d'appel de Dijon, vendredi, demander la nullité de sa mise en examen pour le rapt mortel du petit garçon.

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Les conditions de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 font l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). (photo: Capture d'écran)

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«Notre objectif, à terme, est de la sortir par le haut. De démontrer qu'elle n'a rien à voir, ni de près, ni de loin» avec la mort du petit garçon de quatre ans retrouvé dans la Vologne il y a plus de 33 ans, souligne Me Christophe Ballorin, l'un de ses avocats. Les conditions de sa garde à vue à l'époque font l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), qui devrait être le seul point examiné par les magistrats de la chambre de l'instruction. Leur décision sera mise en délibéré, selon une source judiciaire.

En 1984, alors âgée de 15 ans, Murielle Bolle, placée en garde à vue par les gendarmes, avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir enlevé Grégory, avant de se rétracter. Ce dernier avait été incarcéré puis relâché avant d'être tué d'un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, en 1985. Trois décennies plus tard, la justice soupçonne cette femme de 48 ans d'avoir participé à l'enlèvement et soutient que sa rétractation s'explique par des violences familiales subies à l'époque, ce qu'elle conteste.

Un strict contrôle judiciaire

Pour ses avocats, c'est au contraire sa garde à vue qui pose problème: «Ses déclarations ne sont pas saines», selon Me Ballorin, qui rappelle notamment que la jeune fille n'avait pas été assistée par un avocat. La loi ne l'imposait pas à l'époque mais selon ses conseils, «ce n'était pas conforme à la Constitution». La requête en nullité de la mise en examen se base quant à elle sur «l'absence d'indices graves et concordants».

Murielle Bolle ne sera pas présente vendredi à l'audience, qui s'annonce «très technique». Cette procédure pourrait d'ailleurs s'étendre sur plusieurs mois. Si les magistrats dijonnais jugent la QPC sérieuse, celle-ci devra passer un deuxième filtre, la Cour de cassation, avant d'être examinée par le Conseil constitutionnel. Dans l'intervalle, la requête en nullité serait suspendue.

Écrouée après sa mise en examen à la fin juin dernier, Murielle Bolle avait été placée sous strict contrôle judiciaire début août, avec obligation de résider dans la Nièvre, loin de son domicile vosgien. En janvier, la cour d'appel de Dijon a refusé de l'autoriser à rentrer chez elle, alors qu'elle n'a toujours pas été ré-entendue par la juge d'instruction depuis sept mois. Ses avocats prévoient de déposer une nouvelle demande de modification de son contrôle judiciaire après une prochaine audition dont la date n'est pas encore fixée.

(L'essentiel/afp)