Site radioactif en Meuse

12 février 2014 16:53; Act: 12.02.2014 17:21 Print

Le calendrier du site de Bure est remis en cause

LORRAINE - La commission en charge du débat public sur la création en Meuse en 2025 d'un «tombeau» pour les déchets radioactifs a défendu mercredi l'idée d'un nouveau calendrier pour plus de tests.

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«L'idée d'un nouveau jalonnement du projet, intégrant une étape de stockage pilote, constituerait une avancée significative», a estimé le président de la Commission nationale du débat public (CNDP), Christian Leyrit, en dressant le bilan d'un débat public agité qui s'est tenu entre le printemps 2013 et le début 2014.

De nombreux experts ainsi que l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) «s'accordent pour considérer que le calendrier de déploiement du projet (...) est beaucoup trop tendu et que des preuves supplémentaires doivent être apportées sur la sécurité», a-t-il ajouté. Le projet de créer à Bure, à environ 150 km du Grand-Duché, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne, un «tombeau» pour les résidus radioactifs les plus dangereux, est un sujet sensible, car il s'agit de stocker dans les sous-sols pour des dizaines de milliers d'années, quelque 3% du volume total des déchets radioactifs produits en France, qui concentrent à eux seuls plus de 99% de la radioactivité. Le calendrier actuel de ce projet baptisé Cigéo, fixé par une loi de 2006, prévoit une demande d'autorisation en 2015 de la part de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en vue d'un décret d'autorisation en 2018 et une mise en service industrielle en 2025.

Débats en ligne

Plutôt que de passer directement du laboratoire actuellement implanté à 500 mètres de profondeur à une exploitation industrielle, de nombreux acteurs jugent nécessaire de créer un prototype permettant de tester ce stockage. Un panel de citoyens avait déjà plaidé la semaine dernière pour une telle révision du calendrier.

L'Andra, qui a trois mois pour répondre à ces conclusions, estime que ces demandes vont «dans le sens de ce qu'on avait exprimé avec une mise en œuvre progressive» du projet, selon Fabrice Boissier, directeur de la maîtrise des risques. Les déchets radioactifs qui doivent être stockés à Bure représentent 10 000 m3 de déchets de «haute activité» (HA), principalement des résidus hautement radioactifs issus du traitement des combustibles usés, et 70 000 m3 de déchets de «moyenne activité à vie longue» (MA-VL). Le débat public avait rapidement tourné court sur le terrain, les opposants les plus virulents ayant fait avorter les deux premières réunions publiques. Il s'était poursuivi sur Internet avec neuf débats contradictoires en ligne. Malgré ce changement de format, «le débat a bien eu lieu», assure le président de la CNDP.

Coordination BureStop

Dans son bilan, il plaide toutefois pour la nécessité d'une «expertise plus pluraliste» et juge «indispensable» une nouvelle évaluation des coûts du projet, qui avaient été évalué en 2005 entre 13,5 et 36 milliards d'euros. Saluant des «conclusions de bon sens», le député écologiste Denis Baupin a appelé le gouvernement à tenir compte des «très nombreuses incertitudes» du dossier, notamment sur les risques d'incendie ou encore les conditions qui rendront possible la reprise des «colis» en cas de besoin. «Les questions à ce jour sans réponse ne sont pas anodines», notamment le volume précis de déchets qu'il faudra stocker, a confirmé le député PS, Jean-Paul Chanteguet, président de la commission du développement durable à l'Assemblée.

La coordination BureStop, qui a avait appelé à boycotter le débat, a dénoncé un «rapport empreint de surdité totale qui ne reflète pas les rapports de force». Sortir du nucléaire a aussi dénoncé une «mascarade» estimant que «les annonces de "report de calendrier" sont de nouvelles manœuvres pour gagner du temps». Les opposants, dont une vingtaine se sont rassemblés devant la CNDP, devaient avoir l'occasion de se faire entendre à nouveau plus tard dans la journée, à Bar-le-Duc, à l'occasion d'une nouvelle présentation des conclusions. Le ministère de l’Écologie ne s'est pour sa part pas prononcé, attendant prudemment les réponses de l'Andra et les avis et observations qu'il compte demander à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et aux producteurs de déchets.

(L'essentiel/AFP)

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  • caroline le 12.02.2014 20:15 Report dénoncer ce commentaire

    On n'à pas de recul par rapport à ce phénomène, quoiqu'il arrive l'homme pollue et détériore la planète à tout jamais

Les derniers commentaires

  • caroline le 12.02.2014 20:15 Report dénoncer ce commentaire

    On n'à pas de recul par rapport à ce phénomène, quoiqu'il arrive l'homme pollue et détériore la planète à tout jamais