Polémique en Lorraine

07 novembre 2017 13:46; Act: 08.11.2017 08:59 Print

Le maire d'Hayange défie le Secours populaire

HAYANGE - La municipalité dirigée par le Front national va aller en justice pour faire partir l'association caritative, qu'elle juge trop politisée.

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Le Secours populaire et la municipalité élue en 2014 sont en conflit ouvert. (photo: AFP/Jean-christophe Verhaegen)

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La municipalité FN de Hayange (Moselle) va déposer «incessamment sous peu» auprès du tribunal administratif de Strasbourg une requête en référé pour expulser d'un local municipal l'antenne du Secours populaire, jugée «ultrapolitisée», a-t-on appris mardi, auprès du maire. «J'ai laissé un petit peu de temps à la discussion et à la réflexion. Malheureusement, la responsable locale n'a eu encore de cesse jour après jour, mois après mois, de continuer ses provocations et de démontrer que c'était une femme ultrapolitisée», a expliqué le maire, Fabien Engelmann.

La requête en référé devrait être déposée mardi ou mercredi, a indiqué l'élu. La municipalité frontiste avait en septembre 2016 exigé le départ de l'association du local «occupé sans titre ni droit», lui reprochant de mener une «propagande promigrants» et d'être «une succursale du Parti communiste». «On ne peut pas m'en vouloir, je respecte mes engagements de campagne. J'avais bien précisé que nous ne subventionnerons pas des associations qui ont un but politique», a ajouté M. Engelmann.

La présidente de la section locale, Anne Duflot-Allievi, a déploré que «M.Engelmann [soit] jusqu'au-boutiste et [veuille] anéantir cette association en enfonçant nos bénéficiaires encore plus». «Ce n'est pas possible que le Secours Populaire, une association caritative, soit attaquée comme ça». La section locale a récemment sollicité un avocat pour obtenir de la justice que soient rétablis le chauffage et l'électricité, coupés par les services techniques de la ville il y a un an, selon la présidente. Le local, où sont entreposés des denrées alimentaires et des vêtements, est fréquenté par un millier de personnes à faible revenu.

(L'essentiel/AFP)