Énergie en France

21 octobre 2016 15:01; Act: 21.10.2016 16:56 Print

Un répit pour la centrale à charbon de Saint-​​Avold

SAINT-AVOLD - Le gouvernement a décidé de donner du répit aux centrales à charbon françaises, en renonçant à les surtaxer, dès l'an prochain.

storybild

La centrale Émile-Huchet de Saint-Avold emploie 80 personnes pour le fonctionnement de la tranche charbon. (photo: AFP/Jean-christophe Verhaegen)

Sur ce sujet
Une faute?

Le gouvernement a renoncé à taxer dès l'an prochain la production d'électricité à partir de charbon, une mesure qui aurait précipité la fin programmée des centrales à charbon françaises - dont celle basée à Saint-Avold - abandonnant ainsi une promesse environnementale très symbolique à l'approche de la COP22.

Lors de la conférence environnementale, en avril, François Hollande avait annoncé l'instauration unilatérale, par la France, d'un prix plancher pour la tonne de carbone dans le secteur de la production électrique. Concrètement, il s'agissait de surtaxer le courant produit par les centrales alimentées en énergies fossiles (charbon, fioul et gaz), afin d'encourager la production d'électricité à base de sources renouvelables (éolien, solaire...).

«Un bon début»

Mais, quelques mois plus tard, la ministre de l'Environnement et de l’Énergie, Ségolène Royal, avait annoncé que ce «prix plancher» serait limité aux seules centrales à charbon, les plus polluantes des centrales thermiques. La mesure devait être intégrée au projet de budget pour 2017, sous la forme d'un amendement. Pourtant, à quelques semaines de la conférence de l'ONU sur le climat, en novembre à Marrakech, le gouvernement a opéré un revirement, après des manifestations organisées jeudi par la CGT dans plusieurs villes menacées par les fermetures de centrales.

Lors des débats sur la loi de Finances à l'Assemblée, le secrétaire d'État au Budget, Christian Eckert, évoquant «l'émoi considérable» dans plusieurs régions, a assuré dans la nuit de jeudi à vendredi que cette question du prix du charbon allait être gérée «dans le temps». Dans la foulée, l'amendement a été abandonné.

La CGT, selon qui cette surtaxe aurait entraîné la fermeture dans les deux ans à venir des dernières centrales à charbon françaises, et la suppression de 5 000 emplois directs et indirects, estime que l'abandon de l'amendement est «un bon début mais on sera vigilant sur "l'étalement dans le temps" évoqué par M. Eckert», selon Loïc Delpech, de la fédération Mines énergie.

(L'essentiel/afp)