Déchets radioactifs en Lorraine

19 mai 2017 12:49; Act: 19.05.2017 13:11 Print

Une forêt cédée à l'Andra crée des remous en Meuse

MANDRES-EN-BARROIS - La commune a voté jeudi soir la cession d'une forêt désignée par l'Agence nationale de gestion des déchets nucléaires pour accueillir le projet Cigéo.

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La cession de ce terrain de quelque 220 ha avait été actée une première fois au conseil municipal en 2015 avant d'être invalidée par la justice administrative fin février. Une centaine d'antinucléaires avaient fait le déplacement pour empêcher la tenue de ce vote dans ce village de 120 habitants où des gendarmes mobiles avaient été mobilisés en nombre pour sécuriser la tenue du vote.

Les onze élus du village, arrivés à la mairie peu avant 20h, ont adopté la cession du terrain par 6 voix pour et 5 contre. Tenus à distance derrière des barrières, à une centaine de mètres de la mairie, les anti-Cigéo étaient venus dénoncer dans une ambiance festive ce qu'ils considèrent comme une «mascarade démocratique», en barrant le passage aux élus. Joints par l'AFP, les antinucléaires ont affirmé avoir été repoussés manu militari par les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène et de matraques.

«Les études vont se poursuivre»

«Mandres, village à vendre», «le nucléaire, non merci», pouvait-on lire sur les pancartes et banderoles des antinucléaires qui ont appelé à la démission du maire, ont-ils indiqué. «L'Andra prend acte de la décision du conseil municipal de Mandres qui vient de confirmer l'échange du Bois-Lejuc contre un autre bois, propriété de l'Andra», a réagi l'Andra.

«Les études autour du projet vont se poursuivre sans précipitation et dans un esprit d'apaisement», a souligné l'Agence, saluant «le soutien des élus du territoire qui confirme qu'il s'agit bien d'un projet d'intérêt général, national et territorial».

«En situation de conflit d'intérêt»

Sur le terrain, les opposants ne décolèrent pas: ils entendent déjà attaquer la décision municipale en justice. «La guérilla juridique continue», a souligné un opposant qui se fait appeler «Michel». Le réseau Sortir du nucléaire a dénoncé «un simulacre de démocratie». «Derrière le vote il faut voir la main de l'Andra» et «ce vote ne change rien à la détermination des opposants», a rappelé la fédération des antinucléaires qui observe «une militarisation du territoire».

Le Réseau, qui salue «le courage de de ceux qui ont osé voter contre l'échange», estime que plusieurs membres du conseil «n'auraient pas du prendre part au vote». Il accuse «cinq membres du conseil municipal, le maire en tête» d'être «en situation de conflit d'intérêt en raison des liens directs et indirects qu'ils entretenaient avec l'Andra».

Le 28 février, le tribunal administratif de Nancy, saisi par des riverains du projet, avait invalidé pour vice de forme le vote du conseil municipal par lequel le village qui jouxte Bure, avait cédé en juillet 2015 ce terrain à l'Andra. Quatre mois avaient été donnés à la commune pour régulariser la situation. Le projet Cigéo, objet d'une guérilla juridique entre l'Andra et les opposants, vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

(L'essentiel/afp)