Justice en Lorraine

03 septembre 2019 12:14; Act: 03.09.2019 13:03 Print

Alstom condamnée pour la mort de trois ouvriers

BAR-LE-DUC - Le tribunal a condamné deux hommes à de la prison avec sursis ainsi que la société Alstom et une filiale à de fortes amendes, pour la mort en 2011 de trois ouvriers.

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Le 1er décembre 2011, vers 8h30, neuf ouvriers, travaillant sur une portion de voie ferrée privatisée par Alstom, avaient été surpris par un train Régiolis, effectuant un essai près de Willeroncourt (Meuse). Trois d'entre eux, âgés de 42 à 53 ans, avaient été mortellement percutés par la rame. (photo: AFP/Mehdi Fedouach)

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Le responsable du poste de contrôle et de commande, âgé de 31 ans, et un homme de 33 ans, chargé de la sécurité ont été reconnus coupables d'«homicides involontaires dans le cadre du travail». Ils ont été condamnés respectivement à 4 mois de prison avec sursis et un an de prison avec sursis. Lors de l'audience, à la mi-mai, le ministère public avait réclamé 18 mois de prison avec sursis contre le premier et deux ans de prison avec sursis contre le second.

La société Alstom Transport et sa filiale, le Centre d'essai ferroviaire (CEF), ont aussi été déclarées coupables et ont écopé d'amendes conformes aux réquisitions du procureur, Olivier Glady. Une femme de 32 ans, agent de sécurité au poste de garde, et un cadre de 55 ans, chargé de la supervision des essais ferroviaires, ont en revanche été relaxés comme l'avait demandé M. Glady.

«Des défaillances successives»

Le 1er décembre 2011, vers 8h30, neuf ouvriers, travaillant sur une portion de voie ferrée privatisée par Alstom, avaient été surpris par un train Régiolis, effectuant un essai près de Willeroncourt (Meuse). Trois d'entre eux, âgés de 42 à 53 ans, avaient été mortellement percutés par la rame. En prévision de l'inauguration, ce jour-là, du prototype du train, une interdiction des travaux, une restriction d'accès au site pour les entreprises réalisant les chantiers et un essai supplémentaire d'un Régiolis à 8h avaient été décidés la veille.

Mais la transmission des consignes et le contrôle de l'application des mesures avaient connu «des défaillances successives», avait relevé le procureur à l'audience. Celui-ci avait pointé «des manquements» et «un plan général de coordination (pour encadrer l'intervention des entreprises) incomplet dès le début du chantier».

Les conseils des prévenus avaient plaidé la relaxe et rejeté la responsabilité sur «la grande complexité de l'organisation du site» entre Alstom Transport et CEF, «le défaut d'informations», l'absence de «formation adéquate» des agents et l'insuffisance des moyens de sécurité. Ce jour-là, la portion de voie ferrée privatisée passait de la responsabilité d'Alstom à celle de CEF, ce qui a pu aussi perturber la transmission des informations, avaient évoqué les deux parties.

(L'essentiel/afp)