Justice en Belgique

16 mai 2019 10:10; Act: 16.05.2019 11:10 Print

Ce Messin aurait commis le «casse du siècle»

METZ/BRUXELLES - Huit ans de prison ont été requis mercredi contre Marc Bertoldi, accusé d'être l'un des auteurs d'un spectaculaire braquage de diamants, à l'aéroport de Bruxelles.

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Marc Bertoldi nie de son côté avoir participé au braquage. (photo: AFP)

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Huit ans de prison ont été requis mercredi à Bruxelles contre un Français accusé d'être l'un des auteurs et organisateurs d'un spectaculaire braquage de diamants et métaux précieux en 2013 sur le tarmac de l'aéroport de la capitale belge. Marc Bertoldi, originaire de Metz (est de la France), considéré par la justice comme une figure du grand banditisme, nie de son côté avoir participé à ce qui a été surnommé le «casse du siècle» par les médias belges. Le 18 février 2013 vers 20h, lors d'un braquage éclair effectué en moins de six minutes par huit hommes armés et masqués, 120 colis avaient été dérobés dans la soute d'un avion en partance pour New York via Zurich (Suisse).

Amenés par plusieurs sociétés de transport sécurisé, dont la Brink's, ces colis contenaient principalement des diamants, mais aussi de l'or et d'autres métaux précieux en poudre. Le butin total a été estimé à près de 38 millions d'euros. Mercredi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, Marc Bertoldi a admis avoir recelé des diamants issus de ce vol pour une valeur de 7 millions d'euros, soit environ un cinquième du butin. Mais cet ancien condamné au casier judiciaire fourni (vols, séquestration etc) a assuré ne pas connaître les auteurs du braquage.

«Je ne sais pas»

«Aucune idée», «je ne sais pas», «je ne me rappelle plus», a-t-il le plus souvent répondu à la présidente l'interrogeant sur les multiples contacts téléphoniques peu avant les faits», avec l'un des cerveaux présumés du casse, le Bruxellois Houssein Bajjadi. Ce dernier n'était pas jugé mercredi. M. Bajjadi compte parmi la vingtaine de prévenus qui doivent comparaître en appel (en décembre selon un avocat), après un premier procès qui s'était soldé par une relaxe générale, faute de preuves, en 2018. Le cas de Marc Bertoldi avait alors été disjoint à la demande de son avocat, car il était incarcéré en France dans un autre dossier et n'avait pu être transféré.

«Je ne crois pas à sa version selon laquelle il arrive uniquement pour le recel des diamants», a affirmé mercredi la représentante du parquet pour justifier l'emprisonnement réclamé. Décrivant une opération «minutieusement préparée», elle a dit avoir «du mal à concevoir» que Marc Bertoldi n'ait été sollicité par un «contact» que début février, comme il l'affirme. Le prévenu avait été arrêté en mai 2013 en France. L'enquête qui a duré deux ans a aussi été menée en Suisse et à Casablanca (Maroc), où il était établi à l'époque. Le procès doit se poursuivre le 7 juin avec la plaidoirie de la défense, avant que le jugement ne soit mis en délibéré. Parmi les parties civiles, la seule société Brink's a estimé son préjudice à environ 30 millions de dollars (26,8 millions d'euros).

Pour rappel, Marc Bertoldi a été condamné en appel à 8 ans de prison dans une autre affaire, à savoir le rapt de Stéphanie Turci à Mexy (Meurthe-et-Moselle), le 29 juin 2014.

(L'essentiel/afp)