France/Grand Est

24 septembre 2021 18:59; Act: 25.09.2021 13:22 Print

Des vendangeurs bulgares exploités en Champagne

REIMS - Un réseau franco-bulgare de travail illégal a été démantelé, principalement en Champagne. Entre 350 et 500 travailleurs bulgares par an étaient mis à disposition.

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Huit personnes ont été mises en examen pour infractions au travail illégal et blanchiment en bande organisée après un coup de filet contre un réseau franco-bulgare. (photo: AFP)

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Huit personnes ont été mises en examen pour infractions au travail illégal et blanchiment en bande organisée après un coup de filet contre un réseau franco-bulgare détachant frauduleusement, depuis 2017, des centaines de vendangeurs sous-payés, principalement en Champagne, a annoncé vendredi le parquet de Lille. L'opération «d'ampleur» a été conduite le 15 septembre «dans le milieu viticole des départements de l'Aisne, l'Aube et la Marne par la juridiction interrégionale spécialisée de Lille», a précisé la procureure, Carole Etienne dans un communiqué.

Elle visait un «système d'exploitation et de fraude» organisé depuis 2017 via des sociétés bulgares «qui détachaient frauduleusement de la main-d’œuvre sous-payée, principalement au moment des vendanges en Champagne», a-t-elle précisé. «En relation avec des ressortissants français, elles mettaient chaque année à disposition entre 350 et 500 travailleurs bulgares auprès de prestataires viticoles ou de vignerons, pour un coût attractif».

«Non-paiement des cotisations sociales obligatoires»

Trois des huit personnes mises en examen ont été placées en détention provisoire, les autres sous contrôle judiciaire. Les investigations ont permis de «caractériser des infractions de travail dissimulé au préjudice des travailleurs bulgares et de la Mutualité sociale agricole, du fait du non-paiement en France ou en Bulgarie des cotisations sociales obligatoires», selon le communiqué. La fraude sociale «est d'ores et déjà estimée à plusieurs millions d'euros».

L’opération menée la semaine dernière a mobilisé «près de 130 militaires de la gendarmerie nationale, dont la section de recherche de Reims et l'Office central de lutte contre le travail illégal, ainsi que les administrations ayant participé aux investigations, MSA et Direction régionale de l’Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (Dreets)», a précisé la magistrate.