Déchets nucléaires en Lorraine

10 avril 2018 13:10; Act: 10.04.2018 13:24 Print

Deux opposants à Bure condamnés à de la prison

BAR-LE-DUC - Deux hommes ont été condamnés à 4 mois de prison avec sursis mardi par le tribunal correctionnel pour avoir démoli un mur lors d'une action collective.

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Les deux hommes ont été confondus sur la base de photos aériennes. (photo: AFP/Jean-christophe Verhaegen)

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Les deux hommes, âgés de 69 ans, ont été en outre condamnés à verser 3 000 euros de dommages et intérêts à l'Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra), qui avait réclamé la somme de 6 000 euros «au prorata de leur participation» à l'action collective. Jugeant la «condamnation absurde», leur avocat, Étienne Ambroselli, a annoncé que ses clients faisaient appel. Ils ont en revanche été relaxés pour avoir refusé le prélèvement de leur empreinte génétique.

«C'est sur la base de photos aériennes floues, aux pixels gros comme le pouce, et d'interprétations aussi hasardeuses qu'arbitraires que ces deux militants sont condamnés», a regretté dans un communiqué le réseau Sortir du nucléaire, dénonçant «une erreur judiciaire». Des peines de quatre à cinq mois de prison avec sursis avaient été requises lors de l'audience le 13 février à l'encontre des deux prévenus, un agriculteur et un enseignant à la retraite.

Un site évacué par 500 gendarmes

Ils avaient été les seuls identifiés parmi 200 personnes qui avaient abattu un mur dans le bois Lejuc en août 2016. Les deux retraités avaient nié leur participation à la destruction du mur, précisant néanmoins qu'ils étaient solidaires de l'action. Deux semaines avant cette action, la justice administrative avait condamné l'Andra, qui mène le projet Cigéo, pour avoir construit ce mur de panneaux en béton, et réalisé des travaux de défrichement sans autorisation.

Le bois Lejuc, situé sur la commune de Mandres-en-Barrois, à quelques kilomètres de Bure, a été retenu par l'Andra pour y réaliser des forages exploratoires. Occupé depuis l'été 2016, le site a été évacué le 22 février par 500 gendarmes mobiles qui ont délogé une quinzaine d'opposants. Le projet Cigéo vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français.

(L'essentiel/afp)