Confinement en Lorraine

31 mars 2020 09:22; Act: 31.03.2020 09:31 Print

Elle dénonce son compagnon violent au pharmacien

NANCY - Une femme s'est rendue dans une pharmacie pour dénoncer des violences conjugales, à Nancy, et son mari a été interpellé.

Sur ce sujet
Une faute?

Samedi après-midi, une femme «s'est présentée à une pharmacie de Nancy, car elle avait entendu dire que c'était le lieu où on pouvait signaler des violences conjugales», a indiqué le procureur de la République de Nancy, François Pérain. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé jeudi la mise en place d'un système d'alerte dans les pharmacies pour les femmes victimes de violences conjugales.

Au cours de la première semaine de confinement, les violences conjugales ont augmenté de 32% en zone gendarmerie et de 36% en zone police, avait précisé M. Castaner. Le code «masque 19» peut être utilisé par la victime si elle est accompagnée de son conjoint, avait-il suggéré. «La victime n'a pas eu recours à un code quelconque, elle était seule et pouvait s'exprimer librement», a souligné M. Pérain.

«Violentée à trois reprises»

La police, contactée par la pharmacienne, a interpellé le conjoint à son domicile et l'a placé en garde a vue au commissariat de la ville. Lors de sa déposition, la femme, enceinte de cinq mois, a raconté qu'une «nouvelle dispute l'avait opposée à son concubin qui l'avait giflée et s'était avancé vers elle en tenant un couteau à la main», a relaté M. Pérain.

Elle a mentionné «avoir également été violentée à trois reprises» auparavant, en février et en mars. «Une voisine du couple a confirmé l'existence de scènes de violence et a affirmé avoir vu la victime avec des contusions au visage», a ajouté le procureur. Aucune trace de violences physiques n'a pu être relevée lors d'un examen médical qui a néanmoins conclu «à l'existence d'un retentissement psychologique», selon M. Pérain.

L'homme, qui a reconnu avoir déjà giflé sa compagne, a été placé sous contrôle judiciaire, lundi, avec interdiction de contacter la victime et de se rendre à son domicile. Il est convoqué devant le tribunal correctionnel de Nancy, le 5 juin.

(L'essentiel/afp)