France/Grand Est

08 septembre 2021 16:03; Act: 08.09.2021 16:32 Print

Enseignante jugée à Metz pour sa pancarte antisémite

METZ - Cassandre Fristot, enseignante, avait brandi une pancarte antisémite lors d'une manifestation contre le pass sanitaire début août. Son procès a débuté.

storybild

(photo: Twitter)

Sur ce sujet
Une faute?

Cassandre Fristot, enseignante et ex-membre du FN qui avait brandi une pancarte antisémite lors d'une manifestation contre le pass sanitaire début août, ne s'est pas déplacée mercredi devant le tribunal correctionnel de Metz, où elle est jugée pour «provocation à la haine raciale». Un de ses avocats, Me François Wagner, a expliqué que la jeune femme n'est pas venue car «elle est victime de menaces: elle n'allait pas venir s'exposer».

Le conseil a également accusé des journalistes d'avoir voulu «forcer» la porte de sa cliente. «Elle a reçu 50 appels de journalistes». Me David-Olivier Kaminski, avocat du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), partie civile, a regretté l'absence de la prévenue: «Les absents ont toujours tort. Le tribunal peut en tirer les conséquences», a-t-il déclaré avant l'audience.

Ses «supporters» réunis

Devant le tribunal, une trentaine de supporters de la jeune femme de 33 ans ont scandé «Cassandre à raison» lorsqu'ils ont appris qu'il n'y avait plus de place dans la salle d'audience. Ils ont aussi demandé à faire sortir les nombreux journalistes présents pour leur laisser des sièges, a constaté un photographe de l'AFP. Une dizaine de ses soutiens faisaient également le tour du bâtiment en récitant des chapelets.

L'audience a débuté avec des arguments techniques des deux côtés, les avocats de la défense demandant l'annulation pure et simple de la procédure pour un vice de forme. Au total, treize organisations se sont constituées parties civiles, dont le Crif, la Licra et SOS Racisme.

La diffusion d'une photo de l'écriteau, brandi fièrement par son autrice coiffée d'un béret lors de la manifestation messine début août, avait suscité un tollé dans la classe politique et les organisations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. La jeune femme, professeure d'allemand remplaçante, a été suspendue. Elle encourt un an de prison et 45 000 euros d'amende.

(L'essentiel/afp)