Chez ArcelorMittal

07 septembre 2018 18:53; Act: 07.09.2018 19:30 Print

«Gestion irrégulière des déchets» à Marspich?

Le parquet de Thionville va poursuivre ArcelorMittal pour «gestion irrégulière de ses déchets» pour avoir déversé sans autorisation sur un crassier des eaux usées, présentées en juin 2017 par un intérimaire comme des rejets d'acide

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Une enquête préliminaire avait été ouverte à l'été 2017 pour «atteinte à l'environnement» après la diffusion de vidéos «laissant apparaître des déversements par la société d'un liquide de couleur jaunâtre, qualifié de rejets acides par l'auteur de la vidéo», a rappelé dans un communiqué Christelle Dumont, procureure à Thionville. Les investigations, menées par la police judiciaire de Metz et l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, ont déterminé «que le produit déversé sur le crassier est issu d'une cuve de stockage d'eaux usées relevant de la ligne de décapage et de régénération d'acide», a-t-elle ajouté.

«Tout au plus, il peut être reproché à la société ArcelorMittal une gestion irrégulière de ses déchets, délit puni de deux ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende, qui fera l'objet de poursuites par le parquet», a indiqué Mme Dumont. L'une des deux citernes du camion apparaissant sur les images, filmées en décembre 2016, contenait «de l'eau usée avec un faible pourcentage d'acide chlorhydrique», est-il détaillé.

Un sous-traitant d'ArcelorMittal à Florange

La seconde citerne renfermait «de l'eau usée avec un faible pourcentage d'acide chlorhydrique et une concentration conséquente de boue d'hydroxyde de fer». «Si la lagune boues diverses du crassier de Marspich a vocation à accueillir, en vertu d'un arrêté préfectoral, les boues d'hydroxyde de fer, elle n'est, cependant, pas autorisée à recevoir les eaux usées», a observé Mme Dumont. «Ce déversement, bien que non autorisé dans le cadre de l'arrêté préfectoral, n'apparaît pas avoir eu d'impact sur l'environnement», a-t-elle précisé, s'appuyant sur des prélèvements réalisés par la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement.

Sur les vidéos, l'intérimaire, employé par un sous-traitant d'ArcelorMittal à Florange, se disait contrait de déverser sur le crassier de Marspich de l'acide servant à décaper l'acier. Les élus locaux s'étaient inquiétés d'une éventuelle pollution des cours d'eau. Le groupe sidérurgique avait nié toute responsabilité dans ces «prétendus versements» et ordonné l'ouverture d'une enquête interne «pour faire toute la lumière sur les faits».

(L'essentiel/afp)