Sidérurgie

05 décembre 2019 12:15; Act: 05.12.2019 12:51 Print

Hayange menacé si le rachat de British Steel échoue

HAYANGE - L'usine mosellane, propriété du britannique British Steel, pourrait être mise en vente séparément en cas d'échec du rachat du groupe par un sidérurgiste chinois.

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Un «plan B» serait sur les rails au cas où l'accord entre le chinois Jingye et le britannique British Steel n'irait pas à son terme. (photo: AFP/Patrick Hertzog)

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Le Financial Times avait révélé un peu plus tôt que ce site pourrait être cédé, malgré l'accord conclu en novembre pour un rachat du sidérurgiste britannique en faillite British Steel par le chinois Jingye, une opération qui suscite des interrogations au sein du secteur et du gouvernement français. Le quotidien des affaires indique que des annonces sont parues dans la presse économique française faisant état de la vente d'un site, non identifié, dans le nord de la France.

Interrogé par l'AFP sur ces encarts, le ministère français de l'Économie a supposé que le tribunal de commerce local a dû se pencher sur cette vente «au cas où l'État refuserait la proposition de Jingye ou si les Chinois ne voulaient pas d'Hayange». Une autre source proche du dossier explique de son côté que ce projet de mise en vente fait partie d'un «plan B» si jamais l'accord avec les Chinois ne va pas à son terme, ajoutant qu'une des conditions est d'obtenir l'accord des autorités françaises.

«C'est vraiment un coup de tonnerre!»

Bercy devrait d'ailleurs prendre encore quelques semaines avant de rendre sa décision sur le rachat de British Steel. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire n'avait pas caché récemment que ce rachat serait soumis à un «examen approfondi», considérant Hayange comme un «actif stratégique», puisqu'il est le principal fournisseur de rails de la SNCF.

De son côté, l'organisme public chargé des faillites au Royaume-Uni s'est refusé à tout commentaire, expliquant être tenu au silence compte tenu de la période électorale dans le pays. «Les parties travaillent ensemble pour conclure une vente aussitôt qu'il est possible», a-t-il seulement rappelé à propos de l'accord entre British Steel et Jingye. Un échec du rachat par les Chinois ferait craindre pour l'avenir de British Steel et donc d'Hayange, d'où l'idée d'imaginer une vente séparée pour le site français.

À Hayange, le syndicat CFDT, qui s'apprêtait à rencontrer la direction pour évoquer l'avenir du site, tombait des nues. «C'est vraiment un coup de tonnerre! On entend des bruits de couloir mais on n'a aucune confirmation, aucune information de la direction», a déclaré Djamal Hamdani, délégué CFDT. «On voudrait plutôt un industriel, avec des projets, je sais qu'il y a plusieurs sites qui sont intéressés par nous, je ne veux pas les nommer mais ils y a des Indiens, des Allemands...», a-t-il ajouté.

(L'essentiel/afp)