Preneur d'otages en France

13 juin 2019 10:45; Act: 13.06.2019 10:57 Print

Il avait égorgé son codétenu à Metz-​​Queuleu

LORRAINE/ALSACE - Francis Dorffer, le détenu qui a pris en otage deux gardiens de la prison de Condé-sur-Sarthe, mardi soir, avait déjà sévi dans le Grand Est.

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Francis Dorffer, preneur d'otages multirécidiviste qui a retenu deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe mardi, est né en Moselle en 1984. Incarcéré à 16 ans, il est «un enfant de la prison», selon l'expression de son avocat Thomas Hellenbrand. Lors de son long parcours en détention, il a connu une trentaine de prisons, dont Metz, Nancy et Ensisheim (Bas-Rhin). Il s'y est montré très dangereux.

Condamné en tant que mineur pour vols et pour le viol d'un camarade de foyer, il a ainsi égorgé en 2003 son codétenu à Metz-Queuleu, un crime pour lequel il est condamné à 30 ans de réclusion, dont 20 ans de sûreté. En novembre 2006, détenu à Nancy, il a pris en otage un psychiatre puis s'est rendu. En 2017, il a retenu, toujours sous la menace d'armes artisanales, un agent de prison à Ensisheim. Il a aussi pris en otage un surveillant en 2009 à Clairvaux (Aube), un psychiatre en 2010 à la Santé (Paris) et un surveillant en 2011 à Poissy (Yvelines).

Un enfant conçu au parloir

À chaque fois, Francis Dorffer s'est rendu sans faire de blessé et ses revendications ont porté sur ses conditions de détention et notamment son rapprochement avec sa famille: une femme, sœur d'un ancien codétenu, et un enfant conçu au parloir et né en 2010, domiciliés dans la région de Mulhouse.

Engrangeant de nouvelles condamnations, Francis Dorffer était libérable en 2060. À Condé-sur-Sarthe, prison ultrasécurisée où il était arrivé le 5 juillet 2017, sa détention «se passait bien», l'activité d'auxiliaire pour la distribution de repas «lui faisait du bien», selon une source pénitentiaire. Jusqu'à la «bascule» mardi matin, quand il apprend le placement de son enfant à l'aide sociale à l'enfance (ASE). Dans la soirée, il retient pendant cinq heures deux surveillants dans sa cellule, sa sixième prise d'otages.

(L'essentiel/afp)