Justice en Lorraine

21 janvier 2021 11:01; Act: 21.01.2021 11:39 Print

Il écope de 10 ans en appel pour avoir tué sa compagne

NANCY - Un trentenaire a été condamné à dix ans de réclusion pour avoir tué d'un tir de carabine à air comprimé sa compagne, tir jugé accidentel en première instance.

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Les jurés de la cour d'assises de Nancy ont reconnu David Neuville, 31 ans, «coupable de coup volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner» alors qu'il comparaissait pour «homicide volontaire» conformément aux réquisitions de l'avocat général Hadrien Baron. Les jurés ont été plus cléments que les quinze ans de réclusion réclamés.

Lors du premier procès en décembre 2019, devant les assises à Épinal, l'avocat général avait demandé la même requalification et requis seize ans de réclusion. Seulement cette fois les jurés avaient suivi la thèse de la défense qui avait plaidé le tir involontaire et infligé une peine de trois ans de prison. Le parquet général avait interjeté appel.

Les faits se sont déroulés le 26 août 2017 à Rambervillers (Vosges) sur fond d'alcool et de drogue. Au domicile d'un ami où il était venu pour une partie de pêche, l'accusé, grand amateur d'armes, avait amené sa carabine à air comprimé et s'amusait à tirer sur des cibles. Dans l'après-midi, sa compagne était arrivée, une dispute avait éclaté dans le couple, la jeune femme reprochant à son compagnon, benjamin d'une fratrie de huit enfants, «de boire trop» quand le coup de feu fatal était parti.

Trop ivre pour se souvenir de quoi que ce soit

Touchée au poumon, Laura Randour, 18 ans, était décédée peu après. David Neuville a toujours affirmé que le coup de feu était accidentel. D'abord il a expliqué avoir tiré dans le mur et avoir atteint sa compagne par «ricochet». Plus tard, il a expliqué que le coup est parti quand il a pris l'arme sans faire attention et qu'il a dû appuyer sur la détente sans le vouloir.

Son hôte, seule personne présente, d'abord placé sous le statut de témoin assisté avant de bénéficier d'un non-lieu, n'a rien vu et était trop ivre pour se souvenir. L'expert en balistique, lui, ne s'est pas prononcé pour une thèse ou une autre. C'est la versatilité des versions de l'accusé ainsi que sa passion pour les armes, qu'il était habitué à manipuler, qui ont convaincu la justice de le renvoyer devant les assises.

(L'essentiel/afp)