Affaire Le Tan

21 octobre 2021 16:18; Act: 22.10.2021 09:22 Print

Jean-​​Marc Reiser conteste la préméditation

STRASBOURG - Jean-Marc Reiser, qui a reconnu avoir tué en 2018 l'étudiante strasbourgeoise, a décidé de se pourvoir en cassation contre son renvoi aux assises pour «assassinat».

storybild

Jean-Marc Reiser a avoué avoir tué Sophie Le Tan en janvier 2020, plus d'un an après les faits. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Jean-Marc Reiser, qui a reconnu avoir tué en 2018 l'étudiante strasbourgeoise Sophie Le Tan, a décidé de se pourvoir en cassation contre son renvoi aux assises pour «assassinat», contestant la préméditation, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat. «Monsieur Reiser a formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Colmar du 14 octobre dernier», a déclaré son avocat, Me Francis Metzger, confirmant une information de France 3.

«Monsieur Reiser est en complet désaccord avec la qualification des faits: on lui reproche d'avoir commis un homicide volontaire avec préméditation, mais il a expliqué qu'il n'a nullement prémédité» son geste, a complété l'avocat. Selon Me Metzger, la Cour de cassation devrait se prononcer sur ce pourvoi dans un délai «d'environ six mois».

Sophie Le Tan avait disparu le 7 septembre 2018, jour de ses 20 ans, alors qu'elle se rendait à Schiltigheim, au nord de Strasbourg, pour visiter un appartement. Auteur de la petite annonce immobilière, Jean-Marc Reiser, désormais âgé de 61 ans, avait été arrêté quelques jours plus tard, alors que des traces de sang volontairement effacées avaient été retrouvées dans son appartement, ainsi que l'ADN de l'étudiante sur une scie dans sa cave. Le squelette incomplet de Sophie Le Tan avait été retrouvé en forêt en octobre 2019.

«Une phase de rage»

Seul suspect dans cette affaire, M. Reiser avait été mis en examen pour enlèvement, séquestration et assassinat, malgré ses dénégations répétées. Ce n'est qu'en janvier, quelques semaines après la clôture de l'instruction, que Jean-Marc Reiser a cessé de nier sa responsabilité et avoué le meurtre, au cours d'une ultime audition qu'il avait lui-même sollicitée devant la juge d'instruction, après que ses avocats ont menacé de le lâcher.

Il avait alors affirmé, selon les mots d'un de ses avocats, «être entré dans une phase de rage» alors que la jeune femme repoussait ses avances. À l'issue de l'instruction, il avait été renvoyé devant les assises pour «pour assassinat en récidive criminelle». Les charges d'enlèvement et séquestration n'avaient pas été retenues, conformément aux réquisitions du parquet.

S'il est jugé pour assassinat, Jean-Marc Reiser encourt la réclusion à perpétuité. Il avait déjà été condamné en 2001 par les assises du Doubs à 15 ans de réclusion pour des viols commis en 1995 et 1996, une peine confirmée en appel en 2003.

(L'essentiel/afp)