À Nancy

30 mai 2018 10:46; Act: 30.05.2018 11:32 Print

Jugés pour des attaques de bancomats

NANCY - Le procès de huit personnes soupçonnées d'avoir attaqué des distributeurs de billets, souvent à l'explosif, dans l'est de la France en 2014 et 2015, s'est ouvert.

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Une information judiciaire avait été ouverte en 2015, après une recrudescence d'attaques et de tentatives de vols de distributeurs automatiques dans l'est de la France.

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Sept hommes et une femme, soupçonnés d'appartenir à une organisation criminelle ayant attaqué des distributeurs de billets, souvent à l'explosif, dans l'est de la France en 2014 et 2015, comparaissent depuis mercredi matin devant la juridiction interrégionale spécialisée de Nancy. Le procès s'est ouvert par la lecture synthétique par le président du tribunal correctionnel, Didier Gastaldi, de la très longue liste des faits reprochés aux huit prévenus, âgés de 20 à 59 ans, dont cinq comparaissent libres.

Une information judiciaire avait été ouverte par la JIRS de Nancy en 2015 après une recrudescence d'attaques et de tentatives de vols de distributeurs automatiques entre 2014 et 2015. Les banques visées étaient situées dans plusieurs départements du quart nord-est de la France: Haute-Marne, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Vosges, Haut-Rhin, Saône-et-Loire, Haute-Saône, Doubs et Côte-d'Or.

Un préjudice de plusieurs centaines de milliers d'euros

Les malfaiteurs introduisaient un mélange gazeux d'oxygène et d'acétylène, deux produits en vente libre, dans un trou percé dans la façade des banques. L'explosion avait pour objectif de désactiver les sécurités d'encrage des billets, mais le mode opératoire n'était pas à chaque fois efficace. Le butin, provenant de deux attaques de banques sur les huit reprochées aux prévenus, s'élève à 97 000 euros. Mais le préjudice total, lié aux dégradations des bâtiments et aux différents vols commis par le groupe, se chiffrerait à plusieurs centaines de milliers d'euros, selon l'accusation.

Pour commettre leurs forfaits, les malfaiteurs ont volé de nombreux véhicules - qui étaient incendiés après utilisation - et du matériel en tout genre, dont des plaques d'immatriculation, et cambriolé des commerces. Un renseignement anonyme avait orienté l'enquête, menée par l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante, vers une équipe issue de la communauté des gens du voyage. Les surveillances, les analyses génétiques et les écoutes téléphoniques avaient conduit à l'interpellation de la bande en novembre 2015. Les trois principaux protagonistes, dont deux frères, à l'époque ferrailleur, vendeur de churros et demandeur d'emploi, âgés de 52 et 55 ans, sont en détention provisoire depuis cette date. Le procès, initialement prévu le 12 mars, avait été renvoyé car la magistrate qui présidait l'audience était intervenue dans le dossier en 2015 lors de l'enquête préliminaire en tant que juge des libertés et de la détention.

(L'essentiel/afp)