Justice en Moselle

20 octobre 2021 14:09; Act: 20.10.2021 14:10 Print

L'ex-​​médecin touchait les seins avec «insistance»

METZ - Le parquet a requis deux ans de prison avec sursis contre un ex-médecin poursuivi pour agressions sexuelles sur 17 jeunes recrues de la police nationale.

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L'ex-médecin a assuré avoir sollicité le consentement de ses patients, en les prévenant qu'il allait effectuer «un examen complet». (photo: Image d'illustration)

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Christian Frey, 65 ans, avait déjà été condamné en 2019 à Reims à un an de prison avec sursis et une interdiction définitive d'exercer pour avoir agressé sexuellement neuf élèves d'une école de police, sept femmes et deux hommes, pour des faits remontant à juin 2018. Il était jugé cette fois-ci à Metz pour des faits similaires qui se sont déroulés à Reims, Strasbourg, Metz ou encore Mulhouse entre 2016 et 2018.

«Nous avons démontré la réalité des faits, de ce qu'ont souffert ces jeunes femmes et hommes. On espère que la décision du tribunal sera favorable aux parties civiles», a salué Me Bruno Zillig, avocat de quatre des plaignants, à l'issue de l'audience.

Détecter d'éventuels cancers

Les plaignants, à l'époque jeunes recrues de la police, accusent le médecin de leur avoir touché les seins ou les testicules de manière «insistante» et sans les prévenir, lors de visites médicales obligatoires devant déterminer leur aptitude physique à intégrer les forces de l'ordre.

Pendant l'audience, la présidente Marie-José Miceli a plusieurs fois interrogé le prévenu sur la nécessité de ces palpations. Christian Frey s'est à chaque fois défendu de toute agression sexuelle, arguant que ces examens avaient pour but de détecter d'éventuels cancers.

«Surpris et gênés»

Dans les dépositions des plaignants aux enquêteurs lues par la magistrate, tous ont cependant décrit le même procédé: les femmes ont raconté avoir dû passer toute la visite médicale seins nus, et ont décrit des palpations mammaires «intrusives». «J'ai eu la sensation qu'il me palpait pour me toucher, je voulais juste que ça s'arrête», avait déclaré l'une d'elles. «Il faisait vieux pervers», a estimé une autre devant le tribunal.

Les trois hommes se sont eux dits «surpris et gênés» des palpations des testicules, décrivant une atmosphère «désagréable» lors des visites médicales. Les parties civiles ont aussi fait part de leur «peur» de voir leurs examens médicaux invalidés si elles s'opposaient aux agissements du médecin. Christian Frey a assuré avoir sollicité leurs consentements, en les prévenant qu'il allait effectuer «un examen complet».

«Un geste médical, même sans consentement, reste un geste médical», a renchéri un de ses avocats, Me Yves-Marie Moray, plaidant la relaxe de son client. Le jugement a été mis en délibéré au 23 novembre.

(L'essentiel/afp)