Affaire Grégory

21 mai 2018 15:53; Act: 21.05.2018 16:02 Print

La défense de Murielle Bolle ira en cassation

LÉPANGES-SUR-VOLOGNE - Moins d'une semaine après l'annulation des mises en examen dans l'affaire Grégory, les avocats contre-attaquent en justice.

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Les avocats de Murielle Bolle, Jean-Paul Teissonniere (à gauche) et Christophe Ballorin (à droite) dénoncent la procédure engagée contre leur cliente. (photo: AFP/Philippe Desmazes)

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Déboutés de leur demande d'annulation de la garde à vue de Murielle Bolle, personnage clef de l'affaire Grégory, ses avocats se sont pourvus en cassation, a-t-on appris lundi auprès de l'un d'eux. «Le pourvoi a été fait vendredi car la chambre de l'instruction n'a pas annulé le procès-verbal de garde à vue de notre cliente en novembre 1984», au cours de laquelle elle avait mis en cause Bernard Laroche dans l'enlèvement du petit Grégory, a déclaré Me Jean-Paul Teissonnière, confirmant une information de l'Est Républicain.

Mercredi, les magistrats dijonnais avaient annulé pour des points de procédure, et non pas sur le fond du dossier, les mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob pour le rapt mortel du petit garçon, il y a 33 ans. Cette décision inattendue avait été saluée comme une grande victoire par leurs conseils.

Dénonciation puis rétractation

Mais l'avocat souhaite que la Cour de cassation «termine le travail», en examinant les conditions de la garde à vue de Murielle Bolle, âgée de 15 ans en 1984, contraires, selon lui, à la convention européenne des droits de l'Homme et aux principes des droits de la défense, prévoyant des «garanties spécifiques pour les mineurs». Me Christophe Ballorin et lui-même avaient déjà déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur ce point. Mais la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon l'avait rejetée en l'état en mars.

Lors de sa garde à vue en 1984, Murielle Bolle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir enlevé Grégory, avant de se rétracter. Laroche avait été incarcéré puis relâché avant d'être tué d'un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, en 1985.

(L'essentiel/afp)