France/Grand Est

12 septembre 2021 16:31; Act: 12.09.2021 17:49 Print

Le bel hommage pour un pendu au Struthof en 1944

Frederick Habgood, aviateur britannique, a été pendu dans le camp de concentration alsacien en 1944. Sa gourmette a été rendue à ses proches ce dimanche.

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Paul Habgood, un ancien comptable de 63 ans, neveu du sergent navigateur Frederick Habgood, pendu à 21 ans au Struthof, avait été convié à la Cérémonie du souvenir annuelle. (photo: AFP)

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«Enfin, nous ramenons Fred à la maison»: la famille de Frederick Habgood s'est vu remettre, dimanche, la gourmette de cet aviateur britannique retrouvée en 2018 dans l'ancien camp du Struthof, pur produit du système concentrationnaire nazi. Venu de Grande-Bretagne avec trois membres de sa famille, Paul Habgood, un ancien comptable de 63 ans, neveu du sergent navigateur Frederick Habgood, pendu à 21 ans au Struthof, avait été convié à la Cérémonie du souvenir annuelle.

Quatre-vingts ans après l'édification du camp, elle a pris ainsi un relief particulier, réunissant 300 invités avec, en toile de fond, l'imposant Mémorial de la déportation et sa longue silhouette creusée dans la pierre blanche. De forme ovale, frappée des insignes de la Royal Air Force britannique et portant le nom et le matricule du sergent, cette gourmette n'était pas une médaille réglementaire mais lui avait été remise en 1943 par des proches au Canada. «Oncle Fred» s'y était formé en tant que navigateur, a raconté M. Habgood.

Gourmette découverte par hasard

Dans une lettre adressée à son oncle, Fred écrivait : «J'espère que je pourrai les revoir après la guerre». Mais «cela ne devait jamais arriver», a sobrement relevé Paul Habgood. Pour les autorités britanniques, «oncle Fred» était même porté disparu, son corps n'ayant jamais été retrouvé. Mais en août 2018, miracle: la gourmette est découverte par hasard dans la fosse aux cendres du camp, lors de travaux d'entretien.

C'est Anna Bernard, une étudiante de 21 ans alors vacataire sur le site, qui l'avait exhumée en voulant récupérer un tuyau d'arrosage tombé dans la fosse. «J'ai vu un petit bout de chaîne qui dépassait, j'ai tiré et ça ne sortait pas. J'ai tiré plus fort et je me suis retrouvée avec le bracelet dans la main», explique-t-elle. «Je me suis dit, "ça, c'est pas rien, il y a le nom, le matricule dessus"», sourit Anna, qui signale immédiatement sa découverte.

Unique camp de concentration en France

Le début des recherches qui permettront de localiser les descendants du sergent Habgood. «Je suis très émue» et «vraiment très contente que le bracelet puisse leur être restitué», confie Anna. Né le 30 novembre 1922 à Londres, Frederick Habgood avait en fait survécu au crash de son avion, abattu par un Messerschmidt le 28 juillet 1943 vers Ottrott, près du Struthof. Son appareil faisait partie d'une centaine de bombardiers qui avaient décollé peu avant de plusieurs bases du Yorkshire pour pilonner les usines Bosch de Stuttgart, a expliqué Guillaume d'Andlau, le directeur du Centre européen du résistant déporté-Struthof.

Frederick s'est caché pendant quelques jours mais, peut-être dénoncé, il est capturé par la Gestapo puis emprisonné au Struthof, où il fut pendu le 31 juillet 1944. La découverte de sa plaque dans la fosse aux cendres «apporte la preuve qu'il a bien été incinéré dans le crématoire du camp», a poursuivi Guillaume d'Andlau. «Au nom de la France, je souhaite au sergent Habgood un bon retour chez lui», a déclaré Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, qui a remis la gourmette aux proches du sergent défunt.

Unique camp de concentration situé en France, érigé en 1941 dans l'Alsace alors annexée au Reich hitlérien, le Struthof a interné environ 17 000 détenus et déportés de mai 1941 à septembre 1944.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • 34 fb le 12.09.2021 18:22 Report dénoncer ce commentaire

    Honneur et gloire à ce si jeune aviateur.

  • Grand Maître le 12.09.2021 20:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout notre respect.

  • A méditer le 13.09.2021 13:02 Report dénoncer ce commentaire

    Des hommes, mais aussi des femmes se sont battus pour nos libertés. Aujourd'hui, des hommes et des femmes se battent juste pour faire carrière et détruire nos libertés si durement acquises.

Les derniers commentaires

  • Gromper le 13.09.2021 14:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ils en ont fait du mal.....quelle tristesse, et dire qu'il y en a qui oublient

  • A méditer le 13.09.2021 13:02 Report dénoncer ce commentaire

    Des hommes, mais aussi des femmes se sont battus pour nos libertés. Aujourd'hui, des hommes et des femmes se battent juste pour faire carrière et détruire nos libertés si durement acquises.

  • Bernard le 13.09.2021 01:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mourir si jeune quel gâchi

  • Oublié!! le 12.09.2021 20:49 Report dénoncer ce commentaire

    Et Thil!? C'était pas un camp de concentration, peut être!?

    • Fabiano le 12.09.2021 21:25 Report dénoncer ce commentaire

      Bien vu! Deux camps de concentration en France : Struthof et Thil. Mon père était mineur à Hussigny à l'époque et il voyait des polonais à qui il donnait à manger en douce. Souvent, il ne revoyait plus ces mêmes gars. C'était dangereux de s'en approcher, d'après ce qu'il m'a raconté, parce qu'ils travaillaient sous terre pour construire les V2. Mais ça, il ne l'a su qu'après la guerre. Il y a toujours le four crématoire de l'époque.

    • @Oublié!! le 12.09.2021 21:32 Report dénoncer ce commentaire

      Si! Depuis 1946, reconnu comme camp de concentration. Les pauvres gars travaillaient sous terre pour construire une base de V2, mais elle n'a jamais été opérationnelle. La guerre s'est finie avant.

    • 34 fb le 13.09.2021 01:55 Report dénoncer ce commentaire

      @ oublié - Enfant, j’ai «visité » le camp d’extermination du Struthof, en Alsace, dans le cadre scolaire, dans les années 60. Je me souviens des fours crématoires, bien sûr, de la cendre, de la suie, d’énormes tas de chaussures de toutes pointures, d’un amoncellement inouï de cheveux destinés à fourrer les bottes des nazis sur le front de l’Est.... tout cela relaté par un ancien déporté. Je vais tenter d’y retourner. Je ne connaissais pas Thil, en la matière. En Meurthe-et-Moselle ?

    • Pas oublié le 13.09.2021 08:12 Report dénoncer ce commentaire

      Non c'était un camp de travail

    • @34 fb le 13.09.2021 09:55 Report dénoncer ce commentaire

      Oui en Meurthe-et-Moselle. A côté de Villerupt (pour info : frontalier avec Luxembourg si vous n'êtes pas de la région). Près de 2.000 prisonniers sont passés par ce camp entre mai et septembre 1944. Classifié camp de concentration en 1946, date à laquelle une crypte fut érigée. Il existe une association qui entretient la mémoire de ce camp, mais j'ignore son nom.

  • Grand Maître le 12.09.2021 20:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout notre respect.