Nancy

10 septembre 2018 17:25; Act: 11.09.2018 11:26 Print

Le personnel inquiet pour l'avenir de l'hôpital

Près de 200 personnes se sont rassemblées lundi devant l'hôpital de Nancy pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et exprimer leurs inquiétudes.

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En blouses blanches ou en civil, les agents hospitaliers ont formé pendant une demi-heure une chaîne humaine devant le bâtiment hospitalier du centre-ville, a constaté une journaliste de l'AFP. Sur un drap accroché sur l'entrée principale, on pouvait lire: «290 millions d'euros de déficit, seule réponse de l'État» avec un doigt d'honneur dessiné. «Non à la casse du CHU», était-il écrit sur une banderole sur les grilles.

L'établissement, dont le déficit cumulé flirte avec les 290 millions d'euros et dont la dette atteint 400 millions d'euros, attend un financement de l'État pour lancer un projet de regroupement de ses six sites répartis en centre-ville vers le centre de Brabois, construit sur les hauteurs de la ville dans les années 1970. Cette réorganisation immobilière, nécessitant 400 millions d'euros, se traduirait par une suppression de 400 postes d'ici à 2022. Entre 2014 et 2017, l'établissement a déjà perdu 400 postes et supprimé 284 lits dans le cadre d'une restructuration qui a permis d'abaisser le déficit annuel de 36 millions d'euros à 18 millions.

«Difficile de maintenir la motivation»

Réunis en intersyndicale, la CGT, FO et la CFTC ont déposé un préavis de grève jusqu'à jeudi avec des actions chaque jour. «Une fois de plus, on fait passer le financier avant l'humain», a dénoncé Alain Debuy, responsable FO. «Il y a un nouveau chantage du gouvernement qui demande entre 400 et 600 suppressions de postes pour financer la remontée des services à Brabois», a dénoncé Brigitte Hueber, élue CGT. Les syndicats réclament «une restructuration financière avec des orientations pérennes au niveau du déficit cumulé et des engagements par rapport au plan de refondation», a dit Alex Gorge, délégué CFDT.

Selon le directeur général adjoint du CHRU, Francis Bruneau, un schéma directeur immobilier, dont «l'enjeu est de mettre fin à la dispersion de nos sites» est en instruction avec un comité interministériel de performance et de modernisation de l'offre de soins (Copermo). «Nous n'avons pas de date (de réunion, NDLR). C'est difficile de maintenir la motivation de l'équipe qui fait des efforts au quotidien mais qui a besoin d'une visibilité et on ne l'a pas du tout», a souligné Christian Rabaud, président de la commission médicale de l'établissement.

(L'essentiel/afp)