Meurtre de Sophie Le Tan

06 décembre 2019 17:16; Act: 06.12.2019 17:30 Print

Le suspect continue de clamer son innocence

STRASBOURG - Jean-Marc Reiser, mis en examen pour l'assassinat de Sophie Le Tan, a continué vendredi, d'affirmer «qu'il n'(était) pas en lien» avec le décès de l'étudiante.

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Le squelette incomplet de Sophie Le Tan, disparue en septembre 2018, a été découvert fin octobre, dans une forêt vosgienne, à Rosheim (Bas-Rhin)

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Jean-Marc Reiser, mis en examen pour l'assassinat de l'étudiante strasbourgeoise Sophie Le Tan, a continué vendredi, de clamer son innocence, interrogé au tribunal de Strasbourg pour la première fois depuis la découverte du corps de la jeune femme, fin octobre. «Il continue de clamer son innocence» et d'affirmer «qu'il n'est pas en lien avec le décès de Sophie Le Tan», a déclaré l'avocat du suspect, Me Pierre Giuriato, à l'issue de trois heures et demie d'interrogatoire mené par la juge d'instruction chargée du dossier.

Les trois précédentes auditions devant la juge avaient eu lieu alors que l'étudiante, disparue en septembre 2018, était toujours recherchée. Plus d'un an après sa disparition, le squelette incomplet de Sophie Le Tan a été découvert fin octobre dans une forêt vosgienne, à Rosheim (Bas-Rhin), où le suspect se rendait régulièrement. Selon de premiers éléments d'analyse des ossements dévoilés par le parquet, le fémur de l'étudiante avait été sectionné avec un instrument dont la nature restait à préciser. «Pour l'instant, il n'y a aucun lien probant entre ces sections et Jean-Marc Reiser», a indiqué Me Giuriato.

«Le corps de Sophie va parler»

Une scie portant des traces de l'ADN de Sophie Le Tan sur le manche a été retrouvée dans la cave du domicile de Jean-Marc Reiser ainsi que d'importantes traces du sang volontairement nettoyées dans son appartement. «Il faut maintenant qu'on attende car forcément le corps de Sophie va parler», a observé l'avocat, parlant de son client comme «quelqu'un qui doute très peu quand il répond aux questions et qui est constant dans ses explications».

Le suspect de 59 ans, qui est arrivé peu après 9h au palais de justice de Strasbourg à bord d'un fourgon de l'administration pénitentiaire, affirme depuis des mois avoir soigné la jeune femme blessée avant qu'elle ne quitte son domicile et ne disparaisse. «Une audition de plus et toujours rien. Il n'avoue absolument rien et c'est encore une fois une déception pour la famille qui recherche la vérité», a réagi devant le tribunal Laurent Tran Van Mang, cousin de Sophie Le Tan. «Vu les circonstances et la personnalité de Monsieur Reiser, on doute vraiment (d'avoir un jour la vérité)», a-t-il ajouté, espérant que «la science pourra expliquer ce qu'il s'est passé».

Impliqué dans une autre affaire?

Devant le tribunal, une dizaine de proches de Sophie Le Tan avait accroché une pancarte demandant «Justice, vérité pour Sophie». «Jean-Marc Reiser a choisi de chercher à échapper à ses responsabilités, c'est insupportable pour la famille, Sophie est morte dans des conditions atroces», a déclaré Me Rémi Stephan, l'un des avocats de la famille, après avoir consulté le procès-verbal de l'audition. «C'est quelqu'un qui a toujours réponse à tout, même si ses réponses sont contradictoires», a-t-il regretté.

«Beaucoup d'investigations sont encore en cours», a précisé Me Stephan et Jean-Marc Reiser devrait, de ce fait, de nouveau être interrogé par la juge d'instruction. Sophie Le Tan avait disparu alors qu'elle devait visiter un appartement à Schiltigheim, au nord de Strasbourg, le jour de son vingtième anniversaire. L'annonce immobilière avait été postée par Jean-Marc Reiser. Condamné pour viols dans le passé, il avait été arrêté quelques jours plus tard et mis en examen pour assassinat. Le nom de Jean-Marc Reiser est réapparu récemment dans une autre affaire, celle de la disparition de Françoise Hohmann, une jeune femme disparue en 1987.

Soupçonné de l'avoir tuée, M. Reiser avait été acquitté en 2001 au bénéfice du doute mais l'avocat des proches de la victime, Me Thierry Moser, a indiqué mardi avoir demandé la réouverture de l'enquête, pointant «d'étranges similitudes» avec la disparition de Sophie Le Tan.

(L'essentiel/afp)