Alerte dans les Vosges

20 août 2020 12:39; Act: 20.08.2020 12:43 Print

«Les arbres sont en état de stress hydrique»

ÉPINAL - Les sécheresses répétées, un insecte ravageur et le gibier fragilisent les arbres et mettent plus que jamais en péril l'équilibre du massif vosgien.

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La végétation du massif vosgien doit faire face à diverses calamités.

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«Voilà le responsable de la destruction de millions de m³ de bois», annonce Pierre Lambert, de l'unité territoriale Meurthe-Galilée de l'Office national des forêts (ONF), en désignant un minuscule coléoptère brun sur un morceau d'écorce.

Le scolyte «profite de la faiblesse des arbres affectés par la sécheresse pour se développer», explique M. Lambert, au milieu de troncs coupés et de bois entremêlés dans la forêt communale de Ban-sur-Meurthe-Clefcy (Vosges), village du parc naturel régional des Ballons des Vosges.

«Quand l'arbre est sec, c'est trop tard»

Le ravageur perce l'écorce pour y pondre des œufs. Ses larves se développent en grignotant le bois puis, une fois adultes, s'envolent pour, à leur tour, coloniser d'autres arbres. Une «coupe claire» a dû être réalisée sur cette parcelle: trop d'arbres étaient infestés.

«Il faut détecter les arbres en train d'être colonisés et les évacuer avant que les adultes ne sortent et essaiment. Quand l'arbre est sec, c'est trop tard», explique Rodolphe Pierrat, de l'agence de Mulhouse de l'ONF. Mais la quantité est telle qu'«on a du mal à être réactifs», se désole-t-il. Quelque 200 000 m³ de bois ont déjà été affectés, principalement l'épicéa.

Chute des prix

Avec les canicules successives, le déficit de neige et de précipitations, toutes les espèces (sapins, hêtres, pins, ...) transpirent et ont besoin d'eau. Certaines se délestent de leurs aiguilles, leurs feuilles ou leurs branches pour se soulager. La forêt verdoyante est constellée de taches rougeâtres ou grisâtres: des arbres en train de mourir ou morts.

Non loin perce le bruit d'une tronçonneuse. Au bord des pistes, des troncs sont empilés. L'afflux de bois dans les scieries a saturé le marché et fait chuter les prix. Le chêne, lui, est la proie de la chenille processionnaire, qui a pullulé à cause des hivers doux.

1,5 degré en plus dans le massif

«Ce qui nous inquiète, ce n'est pas d'avoir une sécheresse importante de temps en temps, mais que les années chaudes se succèdent: 2015, 2018, 2019 et 2020», énumère M. Pierrat. «Normalement, ici, c'est le royaume de la forêt: il pleut tout le temps, il fait humide», rappelle-t-il. «Depuis trois ou quatre ans, les arbres sont en état de stress hydrique», abonde M. Lambert.

Avec le réchauffement climatique, la température a augmenté de 1,5 degré dans le massif, selon M. Pierrat. «On voit l'accélération sur les trente dernières années», constate-t-il, penché sur un graphique détaillant les températures maximales depuis 1900, déplié sur le capot de son 4X4 blanc aux couleurs de l'ONF.

Quels que soient les scénarios, «on va prendre 1 degré supplémentaire dans le massif d'ici à 2050. Au-delà de 2 ou 3°C, l'épicéa va souffrir le plus rapidement. Ensuite ce sera le sapin, puis le hêtre. Même le chêne sessile sera en difficulté», prédit-il.

«Réduire la population de gibier serait plus efficace»

«Notre stratégie est de miser sur la régénération naturelle de la forêt et de diversifier les essences: si par exemple l'épicéa est en difficulté, d'autres essences pourront continuer à structurer le peuplement», développe M. Pierrat, ravi de découvrir au pied d'un arbre un sorbier des oiseleurs, un érable sycomore et un chêne, mesurant pas plus de trente centimètres.

Des essences issues de territoires aux températures plus élevées seront plantées «en petites touches» pour étudier leur capacité d'adaptation: pin larriccio de Corse, chêne des Canaries, noisetier de Byzance des Balkans ou cyprès d'Arizona. À plus de 1 000 m d'altitude, dans la forêt domaniale du Grand Valtin, l'ONF est confrontée à une autre problématique: la croissance des petits sapins est menacée par les cerfs, chamois et chevreuils qui grignotent leurs bourgeons.

Pour les préserver, les agents de l'ONF les entourent de laine de mouton, à l'odeur répulsive, ou attachent des pincettes autour du bourgeon terminal. Des enclos grillagés ont aussi été installés pour laisser la végétation se développer loin des animaux. «Clôturer est un constat d'échec et un investissement lourd. Réduire la population de gibier serait plus efficace», estime M. Pierrat.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • tjs le même scénario le 20.08.2020 13:18 Report dénoncer ce commentaire

    il est prouvé que la ocnstruction de bassin d'orage etc epuis nos terre de l'esu et n est plus redistribué sauf au agriculteur qui a la fin, voient leur terrain s efondré... et si ils faut maintenant demande aux lobbies de chasse... pourquoi ne pas réintroduire le loups plus naturel et respectueux et les eleveurs auront de toute facon leur primes

  • pollueur humain le 21.08.2020 08:34 Report dénoncer ce commentaire

    aaaah génial, on a trouvé le coupable pour la mort des sapins de noël :) ... c'est le gibier ! et naturellement il faut le tuer ... et on n'a pas besoin de se mettre en question et on continue à polluer sans limitation et sans clôture ... :(

  • Françoise le 20.08.2020 18:46 Report dénoncer ce commentaire

    Pour changer le système le LUXembourg doit devenir une democracie. C'est pas possible qui la moitié des résidents on pas droit de vote et payent des impôts.

Les derniers commentaires

  • Jean-Claude le 21.08.2020 09:52 Report dénoncer ce commentaire

    A cause de la sécheresse on voit de plus en plus d'arbres qui ont perdu toutes leurs feuilles. Sur les champs de maïs on voit que les plantes ont autant de feuilles brunes que vertes. Les champs de tournesol sont pratiquement détruits. Moi je donne à boire et à manger aux oiseaux. Les guêpes on les voit nombreux près des sources d'eau. Des abeilles ont trouvent pratiquement plus.

  • pollueur humain le 21.08.2020 08:34 Report dénoncer ce commentaire

    aaaah génial, on a trouvé le coupable pour la mort des sapins de noël :) ... c'est le gibier ! et naturellement il faut le tuer ... et on n'a pas besoin de se mettre en question et on continue à polluer sans limitation et sans clôture ... :(

  • Françoise le 20.08.2020 18:46 Report dénoncer ce commentaire

    Pour changer le système le LUXembourg doit devenir une democracie. C'est pas possible qui la moitié des résidents on pas droit de vote et payent des impôts.

    • Jean-Claude le 21.08.2020 10:08 Report dénoncer ce commentaire

      "Ceux qu'on vote n'ont rien à dire et ceux qui décident ne sont pas voté". (Citation de Horst Seehofer (politicien allemand du CSU)).

  • jami le 20.08.2020 17:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les changements climatiques de la planète sont des cycles normaux depuis des millions d'années.. l'homme ne fait qu'accélérer un peu plus la situation...

  • viveleloup le 20.08.2020 15:54 Report dénoncer ce commentaire

    le meilleur remède contre le gibier est de défendre ses prédateurs