Jeune tué à Fameck

02 août 2019 15:38; Act: 02.08.2019 17:05 Print

«Ici les gamins pleurent Adel. Pourquoi lui?»

FAMECK - Adel Mimeche, 17 ans, est mort mercredi, après une altercation entre plusieurs jeunes sur le parking de la Cité des sports. Une de ses proches témoigne pour «L'essentiel».

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Adel a été tué d'un coup de couteau dans la poitrine, mercredi.

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«Mais wesh, tu fous quoi avec un couteau?». Tels sont les derniers mots prononcés par Adel Mimeche, 17 ans, avant de se faire poignarder en plein cœur sur le parking de la Cité des sports à Fameck, mercredi. Transporté dans un état grave à l'hôpital de Mercy, le jeune homme ne se réveillera pas, laissant toute une famille, tout un quartier, dans une peine immense.

«Les jeunes étaient assis par terre à pleurer en pensant à Adel. Des gamins de six ans ont vu une marre de sang par terre. Ici, personne ne comprend. Pourquoi lui?», témoigne Sabrina, amie de longue date du jeune homme qu'elle a «vu grandir».

«Il n'avait rien à voir avec cette histoire»

À Fameck, tout le monde connaissait ce footballeur d'1,97 m, qui évoluait à l'ES Fameck. «Nous gardons l'image d'un jeune respectueux, qui ne laissait jamais tomber personne». Un trait de caractère, une qualité même, qui lui a peut-être coûté la vie. «Il est venu pour défendre son ami qui se faisait menacer. Il n'avait rien à voir avec cette histoire», explique Sabrina.

À l'origine du drame, un différend sur les réseaux sociaux entre le meurtrier présumé originaire d'Uckange et un jeune de Fameck. Le ton serait rapidement monté «et l'effet de groupe» aurait fait le reste, avant le déchaînement de violence. Adel est mort alors qu'il se rendait à la Cité des sports pour participer à des animations d'été. Son ami Fehim, gravement blessé, est toujours hospitalisé, tout comme une troisième victime qui serait, elle, tirée d'affaire.

«Ce garçon était aimé du plus profond de notre cœur à tous»

«Tout le monde connaît l'agresseur. Il sortait de prison. Il doit payer pour ce qu'il a fait», lance Sabrina, qui soutient le collectif «Justice pour Adel» mis en place après le drame. En plus du deuil, les proches n'ont pas supporté de voir l'agresseur présumé «plaider la légitime défense sur les réseaux sociaux», alors que «deux membres de sa famille» ont déjà été arrêtés.

Abasourdis et conscients d'un énorme gâchis, les amis d'Adel veulent désormais «que justice soit faite». En attendant les développements de l'enquête, une cellule psychologique a été mise en place, et une marche blanche est en cours de préparation.

À Fameck, personne n'oubliera Adel, ce grand gaillard «au visage d'enfant». Les messages de solidarité viennent de toute la région, directement auprès des amis et de la famille ou via les réseaux sociaux. «Ce garçon était aimé du plus profond de notre cœur à tous», conclut Sabrina.

« Vous avez vu, à Fameck, ils ont un jeune tellement fort qu’il se fait appeler « Mutant » réveillez-vous les gars »...

Publiée par Sabrina Pontes sur Jeudi 1 août 2019

(Thomas Holzer/L'essentiel)