Affaire Grégory

05 juillet 2017 14:40; Act: 05.07.2017 15:09 Print

«Murielle Bolle a bien été maltraitée par sa famille»

La version du cousin de Murielle Bolle se confirme. Selon une ancienne voisine, l'adolescente a bien été violentée par sa famille, qui voulait la pousser à se rétracter.

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Pourquoi Murielle Bolle s'est-elle rétractée après avoir accablé Bernard Laroche? Trente-deux ans après les faits, les enquêteurs restent suspendus à ses lèvres. L'accusation cherche à démêler le vrai du faux. Ce 16 octobre 1984, alors que Murielle Bolle a 15 ans, son beau-frère de 29 ans est-il venu la chercher en voiture à la sortie du collège avant de passer prendre Grégory chez ses parents, comme elle l'avait d'abord raconté aux gendarmes puis au juge Lambert? Ou bien l'a-t-on forcée à le dire, comme elle l'avait affirmé le lendemain et comme elle le maintient depuis?

Pour les enquêteurs, ce n'est pas en garde à vue mais dans sa famille que Murielle Bolle aurait «subi des pressions» après l'inculpation de Laroche. Le procureur général avait évoqué la semaine dernière un «témoignage récent» et «très précis» d'un «parent» affirmant avoir «vraiment vu ce qui s'est passé» le soir du 5 novembre 1984. Cet homme de 54 ans, qui se présente comme un cousin germain de Murielle Bolle, a répété mardi au Parisien qu'elle avait pris «une sacrée volée» ce soir-là.

«C'était violent. Toute la famille était là»

L'Est Républicain publie ce mercredi le témoignage d'une voisine de Murielle Bolle, qui vient appuyer les déclarations faites par ce mystérieux cousin. À Laveline-devant-Bruyères, les parents de l'adolescente vivaient dans une maison toute proche de celle d'Hélène*. Celle-ci se souvient très bien de cette soirée du lundi 5 novembre 1984, où elle a tout «entendu». La Française l'affirme: «Murielle Bolle a bien été maltraitée par sa famille. Le cousin dit la vérité». Hélène raconte qu'en rentrant du travail, peu après 19 heures, elle avait entendu «des gens parler fort, des cris».

Inquiète, l'habitante est sortie de chez elle pour aller voir ce qu'il se passait. Ses souvenirs sont précis: «J'ai tout de suite compris que les hurlements provenaient de la maison habitée par les époux Bolle. C'était violent. Toute la famille était là. On entendait Murielle se plaindre. Pauvre gamine, c'était terrible», décrit-elle. Selon Hélène, l'adolescente s'est enfuie, sa maman à ses trousses. Le 6 novembre 1984 au matin, la jeune fille se rétractait. Et depuis, elle n'a plus jamais changé de version.

Hélène croit dur comme fer en l'innocence de Murielle Bolle, qu'elle considère comme une victime. «Elle n'a jamais avoué parce qu'elle a trop peur de sa famille. La pauvre fille. Toute sa vie, elle a vécu avec ce secret. J'ai mal pour elle», confie-t-elle.

*Prénom d'emprunt

(L'essentiel/AFP/joc)