France/Grand Est

24 octobre 2021 19:53; Act: 24.10.2021 20:00 Print

«Ne t'inquiète pas, tu vas bientôt mourir»

MULHOUSE - Une foule, submergée par l'émotion, a rendu un dernier hommage à Dinah, lycéenne de 14 ans qui s'est suicidée, victime de harcèlement scolaire.

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Selon ses parents, elle était victime d'un harcèlement opéré par des jeunes filles côtoyées au collège à qui elle avait fait part de son homosexualité. (photo: AFP)

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«Plus jamais ça»: une foule submergée par l'émotion a parcouru, dimanche, les rues du centre-ville de Mulhouse pour rendre un dernier hommage à Dinah, lycéenne de 14 ans qui s'est suicidée, victime de harcèlement scolaire selon ses proches. «Dinah était une personne intelligente, elle aimait la vie, elle voulait être présidente de la République, elle voulait faire du droit, elle voulait faire tellement de choses», a déclaré Samira, sa mère, devant les quelque 1 400 participants à cette marche blanche.

«Elle aurait été tellement heureuse de voir tout ce monde», a-t-elle poursuivi, «elle qui se sentait tellement seule». L'adolescente, scolarisée en classe de seconde, avait été retrouvée pendue au domicile familial de Kingersheim (Haut-Rhin), dans la nuit du 4 au 5 octobre. Elle était la dernière et la seule fille d'une fratrie de trois enfants. Selon ses parents, elle était victime d'un harcèlement opéré par des jeunes filles côtoyées au collège à qui elle avait fait part de son homosexualité.

«Dites-leur que c'est grave»

«Ma fille a été harcelé pendant deux ans, et pendant deux ans, on a fait des pieds et des mains pour que ça s'arrête, mais elles l'ont poursuivie jusqu'à la maison, jusqu'aux réseaux sociaux», a souligné sa mère, originaire du Maroc. Dinah, métisse, subissait des insultes «racistes ou à caractère homophobe», a précisé son père, d'origine réunionnaise. «Dans sa classe, il y avait deux élèves qui la soutenaient, les autres la descendaient».

Selon sa mère, qui a reproché au corps enseignant d'avoir «fermé les yeux» sur le drame vécu par sa fille, celle-ci avait reçu des messages comme «ne t'inquiète pas, tu vas bientôt mourir», ou «on va t'envoyer des liens sur Internet pour que tu puisses crever», après une première tentative de suicide en mars. «Je vous en supplie», a imploré la mère devant la foule, «ceux qui ont des enfants, parlez-leur, dites-leur de ne pas harceler, dites-leur que c'est grave».

À l'issue des prises de parole, le cortège s'est ébranlé en direction du lycée que fréquentait l'adolescente. De nombreux participants à la marche étaient venus en famille. Certains ont scandé «justice pour Dinah», «les mots blessent, les mots tuent», ou encore «plus jamais ça».

(L'essentiel/afp)