Procès en Belgique

11 octobre 2021 13:53; Act: 14.10.2021 08:56 Print

Repoussé par les femmes, il s'en prenait à elles

LIÈGE - Un trentenaire belge, célibataire, avait l'habitude de s'en prendre aux femmes sur les réseaux sociaux, jugées responsables de sa «misère sexuelle». Il est jugé.

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«Les médias parlent beaucoup de féminisme mais pas beaucoup de ce que peuvent vivre certains hommes au quotidien», a dit le trentenaire. (photo: Twitter)

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Un trentenaire belge est jugé depuis lundi, par une cour d'assises, pour des insultes et menaces proférées sur les réseaux sociaux à l'égard des femmes et des mouvements féministes, un procès inédit en Belgique devant une telle juridiction. Le procès de Sami Haenen, un agent de surveillance de 34 ans, s'est ouvert lundi matin, devant un jury populaire à Liège (est), et devrait s'achever mercredi.

Ce célibataire, très actif notamment sur Facebook et Twitter, avait l'habitude de s'en prendre aux femmes, jugées responsables de sa «misère sexuelle et affective». Il ponctuait ses propos haineux de critiques sur leur habillement ou leur supposée attitude «provocante». Face aux réactions indignées, il a surenchéri et publié en octobre 2020, une courte vidéo dans laquelle il apparaissait armé d'une batte de base-ball et menaçait de s'en prendre aux féministes, selon l'accusation.

«Hypersexualisation de la société»

Il y faisait référence à Elliot Rodger, un Américain qui avait proclamé sa haine de la société et des femmes avant de tuer six personnes, dont trois femmes, en 2014 en Californie. L'étudiant s'était ensuite suicidé. Sami Haenen, qui dit avoir agi «sous la colère» et réfute toute intention de passer à l'acte, doit répondre de «menaces», «incitation à la haine» et «délit de presse». Il encourt jusqu'à cinq ans de prison.

Alexandre Wilmotte, avocat de l'accusé, a dénoncé une décision «démesurée» au préjudice de son client. «Personne n'imagine qu'en publiant sur Facebook, on puisse se retrouver un jour devant une cour d'assises», a affirmé l'avocat. «Oui, il a fait référence à Elliot Rodger mais n'a jamais dit ni écrit qu'il partageait ses idées et avait l'intention de faire la même chose», a ajouté Me Wilmotte.

Lundi matin, devant la cour, M. Haenen a défendu le droit à s'exprimer librement sur l'«hypersexualisation de la société» et a affirmé que «le pouvoir de séduction des femmes» était «beaucoup plus élevé» que celui des hommes. «Les médias parlent beaucoup de féminisme mais pas beaucoup de ce que peuvent vivre certains hommes au quotidien», a dit le trentenaire.

(L'essentiel/afp)