Affaire Sophie Le Tan

29 octobre 2019 15:05; Act: 29.10.2019 15:22 Print

«Si je n'avais pas ouvert, elle ne serait pas montée»

STRASBOURG - Une voisine du principal suspect dit avoir ouvert la porte de son immeuble à l'étudiante, le jour de sa disparition. Elle s'en veut énormément.

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Elle ne peut s'empêcher de ressasser cette scène. Voisine du principal suspect dans l'affaire Sophie Le Tan, Valérie* est peut-être la dernière personne, mis à part le meurtrier, à avoir vu l'étudiante de 20 ans vivante. Au micro de la chaîne CNews, elle revient sur sa brève rencontre avec la jeune femme, dont le corps a été retrouvé la semaine dernière dans une forêt d'Alsace.

En ce 7 septembre 2018, Valérie vient de sortir de son immeuble situé à la rue Perle, à Schiltigheim. Elle se dirige vers l'arrêt de bus quand elle réalise qu'elle a oublié quelque chose. De retour au pied de son bâtiment, elle rencontre une «jeune fille bien habillée» en train de scruter l'interphone. Il s'agissait de Sophie Le Tan. L'étudiante ne parvenant pas à joindre la personne qu'elle venait voir, Valérie s'est servie de son badge pour la faire entrer.

Une fois à l'intérieur, l'habitante décide de prendre l'escalier, tandis que la jeune femme attend l'ascenseur. «J'ai juste entendu les portes s'ouvrir, et elle entrer dans l'ascenseur», témoigne-t-elle. L'enquête doit encore déterminer ce qui s'est passé après cela. Ce que l'on sait, c'est que Sophie était venue visiter l'appartement de Jean-Marc Reiser, qui avait publié une petite annonce.

«Elle allait très bien. Elle avait le sourire aux lèvres»

Malgré une quantité d'éléments accablants contre lui, l'homme de 58 ans continue de clamer son innocence. Pour justifier la présence de sang de Sophie Le Tan dans son appartement, le suspect a expliqué l'avoir effectivement laissé entrer chez lui, mais pour l'aider à soigner une blessure à une main. Une explication que Valérie balaie sans aucune hésitation: «Ah non, elle n'était pas du tout blessée. À la main gauche, elle avait le téléphone, avec son sac qui pendait. Et avec la main droite, elle sonnait à l'interphone. Il n'y avait pas du tout de sang. Elle allait très bien. Elle avait le sourire aux lèvres», se souvient l'habitante.

Depuis cette rencontre, Valérie ne peut s'empêcher de se sentir un peu coupable: «Si je ne lui avais pas ouvert, elle ne serait peut-être pas montée. Elle serait peut-être partie», confie-t-elle. Ce témoignage-clé a déjà été entendu par la police. Après la découverte mercredi du «squelette incomplet» de la victime, il revient désormais aux experts de «faire parler les ossements» pour déterminer les circonstances de son assassinat.

*Prénom d'emprunt

(L'essentiel/joc)