Affaire Grégory

27 septembre 2017 18:50; Act: 28.09.2017 12:40 Print

Un épisode traumatique hanterait Murielle Bolle

Une expertise psychologique explique que la quadragénaire «tente de se protéger de l'extérieur par une carapace». Ce document vient d'être versé au dossier de l'affaire Grégory.

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Énième rebondissement judiciaire dans l'affaire Grégory: une expertise psychologique vient d'être versée au dossier. Elle tente de décrire la personnalité de Murielle Bolle. Ce nouvel élément survient alors que les avocats de la quadragénaire ont annoncé qu'ils allaient déposer cette semaine une requête en nullité de sa mise en examen pour enlèvement. Selon la psychologue consultée, cette femme aujourd'hui âgée de 48 ans fait preuve d'«une tendance à l'entêtement» et «tente de se protéger de l'extérieur par une carapace».

Murielle Bolle est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory. Âgée de 15 ans à l'époque du drame, elle avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, du rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort les poings liés dans la Vologne, avant de se rétracter. Mise en examen pour «enlèvement suivi de mort» fin juin, elle est finalement sortie de détention le 4 août, pour être assignée depuis à résidence.

Technique de l'arbre

Le Figaro et BFMTV ont pu consulter l'expertise psychologique commandée par la présidente de la chambre de l'instruction de Dijon. Celle-ci, survenue à la mi-juillet, accrédite la thèse soutenue par l'accusation et explique que Murielle Bolle montre «une volonté de ne rien dire».

L'experte s'est appuyée sur le «test de l'arbre», représentation symbolique du corps humain, pour arriver à de telles conclusions. Cette technique est utilisée par certains psychologues dans le cadre d'un bilan psychologique. «Nous remarquons la présence d'une zone oblongue sur la surface du tronc, pouvant attester d'un événement majeur, traumatique», écrit la psychologue. L'évocation d'une toupie, d'une araignée, d'un crabe et d'un «taureau couché» entraîne également l'experte sur la piste d'une «charge affective qui ne trouve pas de voie socialisée pour s'exprimer», d'une personnalité «fragilisée dans sa volonté de maîtrise». «Cette façon de se saisir de n'importe quel élément pour le retourner systématiquement à charge est absolument insupportable», a répondu sur BFMTV l'avocat de Murielle Bolle, Jean-Paul Teissonnière.

(L'essentiel/AFP)