Coronavirus

17 octobre 2020 19:22; Act: 17.10.2020 20:14 Print

Une 2e vague «en décalage» dans le Grand Est?

METZ - Berceau de la 1re vague de la crise, le Grand Est a jusqu'ici mieux résisté que d'autres régions à la résurgence de l'épidémie. Mais les soignants redoutent un nouveau pic.

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L'accélération de la circulation virale inquiète les équipes soignantes. (photo: AFP)

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Strasbourg, Reims, Metz, Nancy où même Mulhouse, où avait été déployé un hôpital de campagne des armées au printemps: aucune de ces villes ne figure sur la liste des agglomérations placées sous couvre-feu.

Le festival Nancy Jazz Pulsation est même l'une des rares manifestations culturelles en France à continuer, jusqu'à samedi soir, à accueillir du public, et le stade de la Meinau devrait recevoir dimanche jusqu'à 5 000 supporters pour l'affiche Strasbourg-Lyon, quand d'autres rencontres se dérouleront à huis-clos. Avec un taux d'incidence hebdomadaire (semaine 42) de 113,8 cas pour 100 000 habitants dans la région, contre 205,2 à l'échelle nationale, le Grand Est est pour l'heure bien moins confronté que ses voisins à la deuxième vague de l'épidémie.

Conscience aigüe des dégâts

Une situation contrôlée qui s'observe dans le nombre modéré de patients atteints du Covid-19 pris en charge à l’hôpital: ils étaient 376 vendredi en secteur conventionnel, et 67 en soins intensifs, tous établissements confondus, bien loin des sommets atteints au printemps, avec 4 993 patients et 971 personnes en réanimation.

Pour tenter d'expliquer cette moindre circulation du virus par rapport au reste du territoire national, les professionnels de santé avancent plusieurs hypothèses. La plus largement partagée est celle d'un meilleur respect des gestes barrières et du port du masque, favorisé par «une prise de conscience plus aigüe des dégâts occasionnés par les formes graves du Covid-19» après la première vague, indique à l'AFP Julien Pottecher, chef du service de réanimation du CHU de Strasbourg.

«10 à 15% de la population qui disposerait d'une immunité»

Dans la région, «chacun rapporte le cas d'un proche, d'un ami ou d'un voisin qui est décédé du Covid-19, a été hospitalisé longtemps ou n'est pas encore tout a fait remis», relève-t-il. Les données mise en ligne sur la plateforme Géodes de Santé Publique France tendent à accréditer cette thèse : les mesures d'hygiènes préconisées par les autorités sanitaires ont été davantage observées dans le Grand Est qu'ailleurs en France. Ainsi, fin août (dernières données disponibles), le port du masque avait été adopté par 72% de la population régionale, contre 61% en Provence-Alpes-Cote d'Azur et 68,6% en France.

Parfois évoquée, la piste d'une plus forte immunité collective ne tient pas, selon Yves Hansmann, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Strasbourg. «Les chiffres dont nous disposons tournent autour de 10 à 15% de la population qui disposerait d'une immunité», après une première contamination. «Or, on estime qu'il faut monter à environ 70% pour empêcher la circulation du virus, nous en sommes très loin».

«Il y a eu une dégradation rapide cette semaine»

Le président du syndicat national des biologistes, François Blanchecotte, met lui en exergue la réussite de la politique de tests en Grand Est. «Sur cette région là, les laboratoires se sont investis énormément pour rendre les résultats en 24 heures. Les conditions étaient plus difficiles ailleurs». Les autorités sanitaires régionales se gardent néanmoins de tout triomphalisme. Dans l'agglomération de Strasbourg, le seuil d'alerte renforcée vient d'être dépassé, avec 173,4 cas pour 100 000 habitants dans la semaine du 7 au 13 octobre, selon Géodes.

«Il y a eu une dégradation rapide cette semaine», concède Michel Vernay, épidémiologiste et responsable de la Cellule d'intervention Grand-Est pour Santé Publique France. «Nous avons le même parcours que les autres régions, mais avec quatre à six semaines de décalage dans le temps».

L'accélération de la circulation virale inquiète les équipes soignantes. «On a peu de patients Covid, mais ça nous pose déjà problème parce que l’hôpital est plein», s'alarme le professeur Christian Rabaud, président de la Commission médicale d'établissement du CHRU de Nancy. «En mars on avait tout déprogrammé, mais là les opérations (hors Covid-19) sont maximales, notamment à cause du retard accumulé. On va avoir double boulot, alors que la problématique en termes de ressources humaines n'a pas du tout été solutionnée».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Paul Faibière le 17.10.2020 20:26 Report dénoncer ce commentaire

    Oui, une deuxième vague en décalage et au Luxembourg aussi, comme au printemps. J'ai vu l'étonnement des experts belges quand ils ont constaté la vitesse d'augmentation des courbes après une longue période où le virus faisait penser: tout va bien, c'est calme, «À ce stade, aucune nouvelle restriction ne sera décidée».. et puis boum!

  • Jean REIM le 18.10.2020 13:28 Report dénoncer ce commentaire

    Que les résidents se rassurent ! Cette "2ème vague" s'arrêtera à la frontière ! C'est comme le nuage de Tchernobyl en son temps...

  • Ridicule le 17.10.2020 20:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L immunité collective n'est pas valable. Il faut arrêter avec ces stupides. Ils veulent liquider le plus de personnes j'ai l'impression. Trrop de monde en Europe. Malheureusement beaucoup de gens vont mourrir. Au Luxembourg attention tout va bien et tout est sous controle. Magnifique il faut tirer son chapeau à Mr le ministre il est très fort. Il a reussi à stopper le virus à la frontière.

Les derniers commentaires

  • yannos le 19.10.2020 10:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il n y a pas de virus ouvrez les yeux

  • Pep 57 le 19.10.2020 10:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Prudence et mère de sûreté , n'attendez pas d'être submergés pour prendre des décisions, sans parler de confinement bien sûr, mais des renforcements de mesures déjà existantes éviteraient le pire economiquement et sanitairement parlant

  • entre guillemets le 19.10.2020 09:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C est toujours pareil... on pense faire mieux que nos chers voisins etre plus consciencieux etre plus disciplines ....reveil!!! On est pareils on a juste plus d argent a dépenser....

  • Mag le 18.10.2020 20:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Exactement, si les frontaliers étaient aussi sérieux que nous étions depuis début grasse aux bonnes décisions de notre gouvernement, ça serait différent pour eux aussi. Tout se paye dans la vie, c’est pas pour le plaisir qu’on porte des masques depuis des mois dans se plaindre

  • Jean REIM le 18.10.2020 13:28 Report dénoncer ce commentaire

    Que les résidents se rassurent ! Cette "2ème vague" s'arrêtera à la frontière ! C'est comme le nuage de Tchernobyl en son temps...