Justice en Lorraine

14 février 2020 11:00; Act: 14.02.2020 12:02 Print

Une femme jugée pour avoir défenestré une ado

NANCY - Une quinquagénaire avait fait basculer du 4e étage une adolescente avec qui sa fille était en conflit, en novembre 2016, près de Nancy.

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La jeune victime a souffert de plusieurs fractures et en garde des séquelles. (photo: AFP/Ilustration)

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La jeune fille, âgée de 15 ans au moment des faits, vêtue d'un pull jaune sous de longs cheveux noirs à l'ouverture de l'audience, a souffert de plusieurs fractures et en garde des séquelles. Selon son témoignage, Samira Habri l'a attirée à son domicile, situé au quatrième étage d'un immeuble de Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 9 novembre 2016.

Elle a d'abord tenté de l'étrangler avec un foulard dans la cuisine, puis l'a précipitée dans le vide, allant jusqu'à retirer ses doigts qui s'accrochaient aux boiseries de la fenêtre, a-t-elle raconté. Plusieurs témoins ont vu cette femme ne rien faire pour aider la jeune fille, dont le corps se balançait dans le vide, puis fermer la fenêtre après sa chute de 11 mètres. «Je suis là aujourd'hui pour dire la vérité», a dit à l'ouverture des débats l'accusée, aujourd'hui âgée de 54 ans, cheveux frisés remontés sur la tête, qui réfute les faits.

Une relation fusionnelle émaillée de violences

Depuis sa garde à vue, elle raconte que deux hommes cagoulés, dont l'un armé, ont fait irruption à son domicile accompagnés de l'adolescente pour lui voler de l'argent et des bijoux. Après leur forfait, ils auraient fermé à clé l'appartement. L'adolescente, restée sur place, aurait chuté en voulant prendre la fuite. Trois jours plus tôt, la victime avait eu une altercation avec la fille de Mme Habri, âgée de 16 ans et placée en foyer depuis quelques mois.

Cette dernière avait téléphoné à sa mère, avec qui elle entretenait une relation fusionnelle mais émaillée de violences au moment des faits, pour lui demander de la venger. Selon l'accusation, elle avait ensuite ordonné à une fille du même foyer d'aller «planter» la victime sur son lit d'hôpital, en la menaçant de diffuser sur les réseaux sociaux des photographies d'elle nue et en lui proposant du cannabis.

La fille de Mme Habri a été condamnée par le tribunal pour enfants à 30 mois de prison, dont la moitié avec sursis, pour «menaces de mort et offre de commettre un assassinat». Elle est actuellement incarcérée dans le quartier des femmes du centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville avec sa mère. Poursuivie pour «tentative d'assassinat», Mme Habri encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu mardi.

(L'essentiel/afp)