France/Grand Est

18 juin 2019 10:52; Act: 18.06.2019 11:33 Print

Une mère jugée pour un quintuple infanticide

COLMAR - Le procès d'une mère de famille accusée d'avoir tué cinq de ses nouveau-nés après avoir accouché en secret, s'est ouvert mardi devant les assises du Haut-Rhin.

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C'est un agriculteur qui avait découvert le corps de quatre bébés en 2003, dans la forêt de Galfingue (Haut-Rhin). (photo: AFP)

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Sylvie Horning, mère de trois grands enfants, est entrée dans la salle d'audience la tête basse. Immobile, cette femme de 54 ans aux cheveux ondulés, vêtue d'un gilet blanc et d'un tee-shirt jaune, a écouté l'exposé des faits, l'air tendu. Les deux jours et demi d'audience prévus devraient se concentrer sur la personnalité de cette femme qui n'a jusqu'à présent pas vraiment expliqué ses gestes, si ce n'est pour dire qu'elle ne souhaitait pas ces enfants.

Dans cette affaire, l'une des plus graves affaires d'infanticides en France ces dernières années, Mme Horning a reconnu avoir tué cinq de ses nouveau-nés en les étouffant ou en les étranglant, après avoir accouché seule dans les toilettes de son domicile et avoir recouvert les bébés d'une serviette pour ne pas les voir. L'enquête avait débuté par la découverte fortuite, en 2003, de quatre cadavres de nouveau-nés dans des sacs-poubelle, dans une forêt de Galfingue (Haut-Rhin).

Un cinquième corps découvert dans une glacière

Jusqu'en 2017, les efforts des enquêteurs n'avaient pas permis de lever le mystère entourant ces cadavres. C'est finalement en septembre 2017 qu'un rapprochement fut fait entre ces bébés et un prélèvement génétique effectué sur une quinquagénaire habitant Petit-Landau, en banlieue de Mulhouse. Son ADN avait été prélevé après une rixe entre voisins.

Placée en garde à vue, Sylvie Horning avait alors reconnu être la mère et reconnu «l'intégralité des faits d'homicide sur ses enfants qui venaient de naître», selon des déclarations du procureur de Mulhouse. Un cinquième corps de nouveau-né avait été découvert dans une glacière, au domicile de la famille. Les faits se seraient déroulés sur une dizaine d'années, sans qu'aucun des proches de l'accusée ne s'en rende compte, y compris son compagnon, le père des enfants, décédé en 2018.

(L'essentiel/afp)