Au Japon

31 août 2018 09:57; Act: 31.08.2018 10:30 Print

Des dinosaures accueillent les visiteurs à l'hôtel

Dans un hôtel de la banlieue de Tokyo, les visiteurs sont accueillis par deux dinosaures qui semblent tout droit sortis de Jurassic Park.

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Coiffés d'un képi de bagagiste, les deux dinosaures s'animent soudain, avertis par le détecteur de mouvements, et invitent le client à s'enregistrer sur un écran tactile. L'interaction est très limitée et l'objectif surtout ludique dans l'établissement opportunément nommé Henn na, littéralement «bizarre», où les poissons de l'aquarium sont aussi... des robots, enfin plutôt des gadgets articulés bardés de petites lumières clignotantes. «Nous ne voulons pas d'un hôtel où simplement dormir, nous souhaitons divertir», assure le gérant Yukio Nagai.

Situé dans la préfecture de Chiba, près de Tokyo Disneyland, pour environ 130 euros la nuit, l'hôtel attire de nombreuses familles avec enfants, en quête de divertissement, même après la fermeture du parc. «Mon fils est vraiment content. Il y a un robot en forme d'œuf dans notre chambre et il joue beaucoup avec», témoigne Chigusa Hosoi, touriste japonaise venue avec son petit garçon de trois ans.

Une pénurie de main-d'œuvre

Le premier Henn na Hotel, reconnu par le Guinness des records comme le premier hôtel géré par des robots au monde, a ouvert en 2015 à côté d'un parc d'attractions de Nagasaki, dans le sud-ouest du Japon. Aujourd'hui, on en compte huit, tous gérés par l'agence de voyage HIS qui prévoit d'en ouvrir cinq autres dans l'année. Mais tous ne sont pas aussi excentriques que celui de Chiba.

Dans les quatre hôtels situés au cœur de Tokyo, dont la clientèle est majoritairement composée d'hommes d'affaires, les dinosaures à l'accueil sont remplacés par de jolies humanoïdes. Pour Yukio Nagai, les robots, en plus d'être divertissants, représentent une aide non négligeable alors que le Japon fait face à une pénurie de main-d'œuvre. «Il est difficile de trouver du personnel hôtelier», explique le responsable. «Normalement, pour gérer un hôtel de 100 chambres comme le nôtre, il faut 30 à 40 personnes. Ici, nous n'avons que sept à huit employés», vante-t-il fièrement.

«Un vrai bordel»

Des robots réceptionnistes aux robots aspirateurs en passant par le robot concierge dans la chambre, les machines parviennent à combler en partie les désirs des clients. Leurs capacités d'adaptation limitées irritent cependant quelques visiteurs, reconnaît M. Nagai.

«Il y a des choses que seuls les êtres humains peuvent faire, par exemple répondre à des situations inattendues ou à des questions compliquées», dit-il. Visiblement, même le simple processus d'enregistrement à l'arrivée pose des problèmes, si l'on en croit les commentaires d'internautes. «Un vrai bordel», peste un client sur le site de réservation d'hôtels en ligne, Booking.com.

(L'essentiel/afp)