Corée du Nord

27 février 2021 09:13; Act: 27.02.2021 09:55 Print

Des montagnes russes? Non, des diplomates russes!

Face à l’absence de transport transfrontalier, des employés de l’ambassade de Russie à Pyongyang ont été contraints de pousser un chariot ferroviaire pour quitter le pays.

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Huit diplomates russes et leurs familles ont quitté la Corée du Nord à bord d’un chariot ferroviaire poussé par l’un d’entre eux, en l’absence de transport transfrontalier depuis l’adoption de restrictions liées au coronavirus.

Une vidéo postée sur le compte Telegram vérifié du ministère russe des Affaires étrangères montre notamment un secrétaire de l’ambassade de Russie, Vladislav Sorokin, poussant un chariot chargé de valises et de passagers, sur un pont ferroviaire situé à la frontière. Ces passagers se réjouissent et lèvent les bras alors qu’ils se rapprochent de la frontière russe, après avoir effectué un périple de 32 heures en train depuis Pyongyang, suivi de deux heures de bus jusqu’à la frontière.

«Un voyage long et difficile »

«Le voyage pour rentrer à la maison a été long et difficile», a commenté jeudi soir le ministère. «Enfin, la partie la plus importante du trajet a été de marcher à pied jusqu’au côté russe», a ajouté le ministère dans sa publication. «Pour cela, il faut un chariot, le mettre sur les rails, y installer les affaires, faire asseoir les enfants et y aller».

C’est à la force de ses bras que M. Sorokin, le seul homme de cette équipée – dont la plus jeune membre n’avait que trois ans – a fait avancer le chariot sur plus d’un kilomètre. Une fois arrivés sur le sol russe, ils ont retrouvé des collègues du ministère des Affaires étrangères avant d’être conduits en autobus jusqu’à l’aéroport de Vladivostok.

Frontières fermées

En janvier 2020, la Corée du Nord a fermé ses frontières pour se protéger du coronavirus apparu pour la première fois en Chine voisine. Les trains transfrontaliers ainsi que les vols à destination ou en provenance de ce pays ont été suspendus. Le personnel et les approvisionnements ne pouvant entrer dans le pays, le travail des diplomates et des humanitaires a été sérieusement compliqué. Plusieurs ambassades occidentales ont ainsi retiré tout leur personnel. La Russie, qui entretient des liens étroits avec Pyongyang, a maintenu une importante présence diplomatique dans ce pays qui souffre de longue date de graves pénuries alimentaires.

La Corée du Nord fait l’objet de sanctions internationales visant à contraindre le régime à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique. Les restrictions draconiennes imposées l’an dernier par Pyongyang pour lutter contre le coronavirus ont aggravé la situation.

(L'essentiel/AFP)