Carnage artistique

23 août 2012 08:12; Act: 23.08.2012 08:18 Print

Et la pire restauration de tableau est...

Une octogénaire a défiguré le portrait d'un Christ ornant une église du nord-est de l'Espagne qu'elle prétendait restaurer, sans autorisation.

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L'«Ecce Homo», en juillet et aujourd'hui. (Photo: dr)

La chevelure aux allures de pelage de singe, la bouche effacée et le nez maladroitement stylisé nés sous le pinceau de l'artiste en herbe n'ont plus rien à voir avec l'original: un «Ecce Homo» aux traits fins coiffé d'une couronne d'épines, peint aux début du 20e siècle par un artiste local.

«Les explications qu'elle a données sont incohérentes: elle dit qu'elle le restaurait depuis plusieurs années et qu'elle avait dû l'abandonner avant de finir», a expliqué mercredi le maire-adjoint de la commune de Borja, Juan Maria de Ojeda, dont dépend l'église où se trouve la peinture. L’œuvre, réalisée dans les années 1910, n'avait pas une grande valeur artistique, a-t-il laissé entendre.

«Elle ne cherchait pas a dénigrer»

L'auteur lui-même, Elias Garcia Martinez, avait écrit sous la peinture: «Ceci est le résultat de deux heures de dévotion à la Vierge de la Miséricorde», qui donne son nom à l'église baroque. La peinture, détruite il y a un mois, n'était pas classée. «Plus que la valeur de la peinture en soit, c'est le fait qu'une action incontrôlée de ce genre se produise» qui inquiète Manuel Gracia Rivas, président d'un centre d'études du patrimoine de Borja, Cesbor, qui a le premier dénoncé le «nouveau» visage de l’œuvre.

Sur internet, il inspirait mercredi des milliers de commentaires et de nombreuses versions détournées, montrant les visages de personnages célèbres comme le roi Juan Carlos ou le chef du gouvernement Mariano Rajoy sous la chevelure ébouriffée de la nouvelle version.

«Qu'ils la laissent le terminer, pour l'amour de Dieu!, 'jel'aime», réagissait ainsi le réalisateur espagnol de cinéma Alex de la Iglesia, sur son compte Twitter. La mairie n'a pas encore décidé si elle allait porter plainte contre l'octogénaire. «Elle ne cherchait pas à dénigrer la dignité du lieu», explique Juan Maria de Ojeda. En attendant, une équipe de restaurateurs, professionnels cette fois, doit évaluer si la peinture originale peut être récupérée.

(L'essentiel Online/AFP/ATS)