Panama

18 février 2020 08:54; Act: 18.02.2020 10:31 Print

Il se prénomme Hitler, et il n'a pas fini d'en baver

Un journaliste panaméen traîne depuis 50 ans un prénom particulièrement difficile à porter.

Sur ce sujet
Une faute?

«Mon père voulait prouver qu'il existait un bon Hitler». Depuis 50 ans, un journaliste panaméen compose avec le prénom particulièrement dur à porter que lui a choisi son paternel. Tout au long de sa vie, Hitler Cigarruista a dû faire face à des situations gênantes. Bien sûr, il a souvent pensé à changer de prénom: «Mais sur tous mes diplômes universitaires, "Hitler" apparaît. Tout faire modifier me coûterait très cher», explique le quinquagénaire à El Pais.

Dernier problème en date: se connecter aux réseaux sociaux. Sur certaines plateformes, son célèbre prénom est détecté et son compte bloqué. «Malheureusement, Facebook ne me permet pas d'utiliser Hitler. Je n'ai jamais essayé de savoir si je devais déposer une réclamation pour résoudre le problème. J'ai accepté la situation et j'ai commencé à utiliser le nom de mon fils: Carlos», déplore le Panaméen. À sa grande surprise, LinkedIn et Twitter semblent moins regardants sur son étrange prénom.

«Les gens me regardent comme si je l'avais choisi»

Régulièrement raillé par ses collègues, forcé de constamment se justifier sur son identité, Hitler Cigarruista a fini par s'habituer à ces contrariétés: «Avec un prénom qui a une si forte charge politique, idéologique et humaine, on voit de tout: les gens me regardent comme si je l'avais choisi, ou pensent que mon père est un fasciste», explique le journaliste, qui n'en perd pas son humour: «Personne n'oublie mon nom. Il y a des gens qui me croisent 20 ans plus tard et qui me lancent "Hé, Hitler!" Cela n'arriverait pas à un Peter».

Le quinquagénaire garde un souvenir amusé de son séjour en Allemagne. À son arrivée à l'aéroport, le Panaméen ne savait pas à quoi s'attendre au moment de passer la douane. «La dame ne voulait pas y croire. Elle a appelé plusieurs de ses collègues qui m'ont demandé s'il s'agissait de mon vrai prénom. Ils étaient partagés entre la surprise et les éclats de rire. Mais c'était tout. Ils ont tamponné mon passeport et je suis entré dans le pays», raconte-t-il.

(L'essentiel/joc)