Au large de l'Angleterre

08 décembre 2021 11:28; Act: 08.12.2021 11:46 Print

La micronation de Sealand résiste au Covid

Dans la principauté de Sealand, une micronation non reconnue au large de l'Angleterre, on résiste encore et toujours au gouvernement britannique... mais aussi au coronavirus.

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Dans la principauté de Sealand, une micronation non reconnue établie sur une ancienne plateforme militaire au large de l'Angleterre, on résiste encore et toujours au gouvernement britannique... mais aussi au coronavirus. À une dizaine de kilomètres des côtes du Suffolk, dans l'est de l'Angleterre, cette ancienne base antiaérienne de la Seconde Guerre mondiale s'est autoproclamée il y a 54 ans micronation indépendante. Et la famille britannique qui y règne en maître se targue d'avoir aussi résisté à la pandémie de coronavirus.

«Nous n'avons eu aucun cas de Covid. Pour le moment, je pense que nous sommes l'un des seuls pays au monde à pouvoir dire ça», avance Liam Bates, 32 ans, l'un des «princes» autoproclamés de Sealand. Construite pour contrer les attaques nazies, cette plateforme reposant sur deux tours de béton creuses devait être démolie après la Seconde Guerre mondiale car elle se trouvait en dehors des eaux britanniques, dans les eaux internationales. Ce n'est jamais arrivé. Flairant une opportunité, le grand-père de Liam, Roy Bates, homme d'affaires à la tête d'une radio pirate, s'est emparé du fort et a déclaré l'indépendance de la principauté de Sealand en 1967.

Repaire de pirates

Il l'a dotée d'un drapeau national et d'une devise en latin: «E Mare Libertas» --«De la mer, la liberté»-- et a rédigé une constitution. Avec son drapeau noir, rouge et blanc secoué par le vent, Sealand a des airs de repaire de pirates. Les visiteurs, qui doivent montrer la preuve d'un dépistage négatif du Covid-19, y accèdent grâce à un treuil, s'accrochant fermement aux cordes tandis que les flots s'agitent sous leurs pieds. Première formalité: tamponner les passeports. À bord, outils, pots de peinture et boîtes de conserve sont soigneusement stockés. Des plantes en pot égaient la cuisine tandis que dans les chambres sont conservés des livres comme «Loin de la foule déchaînée» de Thomas Hardy.

À l'intérieur des tours en béton on trouve une chapelle multiconfessionnelle, une salle de jeux avec table de billard et équipements sportifs et une salle de réunion. Certaines de ces pièces se trouvent au dessous du niveau de la mer et il y a un clapotis constant. Liam Bates s'occupe de gérer les activités de la principauté tandis que son frère aîné, James, dirige, sur la terre ferme, l'entreprise familiale de pêche aux coques. Comme il a une fiancée américaine et un frère aîné, Liam dit en plaisantant qu'il est en quelque sorte le «prince Harry» de Sealand. Leur père, le «prince Michael», «ralentit un peu» après une opération, dit-il.

«Isolement total»

Sealand a trouvé un filon: la principauté vend des titres de noblesse sur internet. On peut être fait «Lord de Sealand» pour 29,99 livres (35 euros). Pour devenir duc, il faut débourser 499,99 livres (588 euros). Ces recettes, souligne Liam, suffisent «pour soutenir Sealand pour le moment, ce qui est déjà énorme». «Tout l'intérêt c'est la liberté, de tout ce que vous voulez: la religion, l'expression, tout type d'orientation», énumère-t-il. Entre les visites des Bates, la plateforme est entretenue par deux hommes qui se relaient toutes les deux semaines: Joe Hamill, 58 ans, et Michael Barrington, 66 ans.

Pendant les confinements, M. Hamill raconte s'être porté volontaire pour y passer deux périodes de onze semaines tout seul. À la fin, «je pense que mon état mental se détériorait un peu», dit le Londonien, qui travaillait auparavant dans les assurances. «C'était l'isolement total». Sealand est toutefois beaucoup plus confortable qu'à ses débuts. Éoliennes et panneaux solaires ont remplacé les générateurs diesel, dont l'un a pris feu en 2012, causant d'importants dégâts.

Il reste peu de traces de la Seconde Guerre mondiale depuis que des entrepreneurs américains ont tenté d'installer un centre de stockage de données dans les tours. Des serveurs restent conservés dans une pièce comme témoin «de notre histoire nationale», souligne Liam Bates. Il voit toujours le numérique comme l'avenir de Sealand, et a des projets de lancement d'une cryptomonnaie, sur lesquels il reste mystérieux.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Unicorn le 08.12.2021 13:08 Report dénoncer ce commentaire

    Si seulement ils pouvaient vendre des QR codes valides.

  • Mais Salomon vous êtes.....? le 08.12.2021 12:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tenez bon...

  • georg le 10.12.2021 13:12 Report dénoncer ce commentaire

    confinés quoi ...

Les derniers commentaires

  • georg le 10.12.2021 13:12 Report dénoncer ce commentaire

    confinés quoi ...

  • Sillyland le 09.12.2021 08:48 Report dénoncer ce commentaire

    Pas facile de s'isoler de nos jours

  • Arsène le 08.12.2021 18:13 Report dénoncer ce commentaire

    L'ile de la Rose, version anglaise.

    • Rapture Colony le 09.12.2021 01:50 Report dénoncer ce commentaire

      Rêves de ceux qui ne trouvent pas de place en ce monde ..

    • Nouveau pays ? le 09.12.2021 15:45 Report dénoncer ce commentaire

      En vrai on pourrait créer un vrai pays la bas. Le premier pays flottant

  • Unicorn le 08.12.2021 13:08 Report dénoncer ce commentaire

    Si seulement ils pouvaient vendre des QR codes valides.

    • Alain le 09.12.2021 12:00 Report dénoncer ce commentaire

      Pourquoi les acheter quand on peut les avoir gratuitement.

  • Mais Salomon vous êtes.....? le 08.12.2021 12:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tenez bon...