Au Brésil

06 janvier 2021 07:53; Act: 06.01.2021 08:46 Print

Sa sculpture en forme de vulve fait scandale

Une artiste a créé une immense sculpture en forme de vulve à flanc de colline, dans le nord-ouest du pays. Les réactions outrées ont afflué sur les réseaux sociaux.

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Juliana Notari espérait que son œuvre fasse parler, on peut dire qu’elle y est parvenue. L’artiste brésilienne a installé une immense sculpture de 16 mètres de large et 6 mètres de profondeur à flanc de colline dans l’État du Pernambouc, au nord-ouest du pays. Intitulée «Diva», l’œuvre évoque une vulve humaine, raconte CNN.

Dans un post publié le 30 décembre sur Facebook, Juliana Notari explique que plus de 20 hommes ont travaillé sur cette sculpture. L’artiste indique que le but de ce travail est de «questionner la relation entre la nature et la culture dans notre société occidentale phallocentrique et anthropocentrique» et d’amener les gens à s’interroger sur la «problématisation du genre».

La publication de Juliana Notari a provoqué un torrent de réactions outrées: «L’organe sexuel n’a pas été créé pour être admiré, et encore moins pour être appelé art», a notamment estimé un utilisateur de Facebook. «C’est de mauvais goût, inutile et ça n’a aucun sens. Vous avez fait cela parce que vous saviez qu’il y aurait des critiques et c’est ce que vous vouliez, de la publicité», a estimé un autre internaute.

Olavo de Carvalho, considéré comme un homme ayant de l’influence sur le président Bolsonaro, s’est fendu d’un tweet tout en finesse en réaction à cette œuvre: «Pourquoi disent-ils du mal de la chatte de 33 mètres au lieu de l’affronter avec une grosse b***?» a réagi l’écrivain et philosophe.

Juliana Notari a tout de même trouvé du soutien parmi les internautes. Le réalisateur Kleber Mendonça Filho a par exemple félicité l’artiste pour son œuvre: «Bravo à Juliana Notari, qui a réussi à faire créer par des hommes un vagin de 30 mètres dans le Pernambouc, pendant la présidence de Bolsonaro. La réaction à cette œuvre d’art reflète son succès», a-t-il écrit sur Twitter.

L’intéressée se dit très surprise par la virulence des réactions provoquées par son travail. «Même si je sais que c’est une œuvre d’art qui a de l’impact, je n’aurais jamais pensé que les gens éprouveraient de la haine à son égard ou que cela prendrait de telles proportions sur les médias sociaux», confie-t-elle.

(L'essentiel/joc)