«Super Lune bleue de sang»

28 janvier 2018 12:05; Act: 30.01.2018 11:06 Print

Un rendez-​​vous céleste rare aura lieu mercredi

Une partie des habitants de la planète pourra observer un phénomène astronomique qui ne s'était plus produit depuis 35 ans. Les Européens n'auront pas cette chance.

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Une éclipse lunaire totale se produira au moment d'une pleine Lune «bleue», le mercredi 31 janvier, alors même que notre satellite naturel sera presque au plus près de la Terre. Ce phénomène astronomique rare produit ce que les astronomes appellent la «super Lune bleue de sang». Si les conditions météorologiques sont favorables, elle offrira un spectacle saisissant. «Nous pourrons voir, pendant l'éclipse, les reflets sur la surface lunaire de tous les levers et couchers de soleil sur la Terre», explique Sarah Noble, une scientifique de la Nasa. Ce phénomène résulte d'un «alignement rare de ces trois cycles astronomiques», souligne Jason Aufdenberg, professeur adjoint d'astronomie à l'université d'aéronautique d'Embry-Riddle, en Floride.

L'expression «Lune bleue» désigne une deuxième pleine Lune en un mois, un phénomène qui survient en moyenne tous les deux ans et demi. L'éclipse interviendra aussi seulement 27 heures après que la Lune aura atteint son point orbital le plus proche de notre planète, appelé le périgée, produisant presque une «super Lune», expliquent les astronomes. La Lune évolue à une distance moyenne de 384 400 kilomètres de la Terre et sera le 31 janvier à 359 000 kilomètres, soit très près de son périgée (356 410 km). À son apogée, l'orbite lunaire atteint 406 000 km.

Lune de sang

«Nous avons beaucoup de super Lunes et d'éclipses lunaires mais ces deux phénomènes ne coïncident pas souvent avec une Lune bleue», précise Jason Aufdenberg. Le dernier rendez-vous céleste similaire s'était produit le 30 décembre 1982 et avait été visible en Europe, en Afrique et dans l'ouest de l'Asie. Pour l'Amérique du Nord, il faut remonter à 152 ans, au 31 mars 1866 et avant cela au 31 mai 1341, selon les annales.

Une telle éclipse - quand la Lune passe dans le cône d'ombre produit par la Terre - est également appelée «Lune de sang» car l'astre ne devient pas complètement noir, une partie de la lumière du soleil, reflétée par l'atmosphère terrestre, atteignant indirectement la surface lunaire.

Certains rayons solaires sont également filtrés, ce qui produit une réflexion rougeâtre ou cuivrée sur la Lune. Ce phénomène se produit quand elle est à son périgée orbital. Dans ses extrêmes orbitaux, la pleine Lune peut apparaître jusqu'à 14% plus grande et 30% plus brillante à son périgée, que quand elle se trouve à son apogée.

Pas visible en Europe

La «super Lune bleue de sang» sera observable seulement en Asie, dans l'océan Pacifique, en Russie, dans l'ouest de l'Amérique du Nord et partiellement dans l'est. Sur la côte est des États-Unis, la Lune commencera à entrer dans l'ombre de la Terre mercredi à 5h51 du matin (10h51 GMT), indique la Nasa sur son site. La partie la plus sombre de l'éclipse, avec des teintes rougeâtres, sera visibles à partir de 6h48 (11h48 GMT), soit moins d'une demi-heure avant le lever du soleil.

Mais les observateurs dans l'ouest des États-Unis et du Canada, où il fera encore nuit noire, seront les mieux placés pour observer l'éclipse pendant toute sa durée, d'une heure et seize minutes dans sa totalité. En Californie par exemple, le phénomène commencera à 3h48 du matin et l'éclipse totale à 4h51. La meilleure période d'observation y sera entre 5h et 6h du matin, la phase d'éclipse complète se terminant à 6h05, selon la Nasa qui retransmettra l'événement sur son site.

La prochaine «Super Lune bleue de sang» est prévue le 31 janvier 2037. Mais, les astronomes attendent avec impatience l'éclipse lunaire totale du 21 janvier 2019 qui se produira vers minuit sur la côte est et sera visible partout aux États-Unis. Au cours d'une année, il peut y avoir au maximum quatre éclipses solaires et trois lunaires.

Lune parfois réellement bleue

L'utilisation de «Lune bleue» en référence à cet événement astronomique «a résulté d'une bourde dans les pages de Sky and Telescope qui remonte à 1946», selon Kelly Beatty, un éditeur de cette revue spécialisée américaine. «L'expression a ensuite fait le tour du monde», suscitant la fascination du public, raconte-t-il, donnant même son nom à un cocktail et à une bière très vendue aux États-Unis.

Avant cela, la formule «once in a blue Moon» en anglais décrivait un événement rarissime, précise l'expert. Mais, ajoute-t-il, dans des cas rares, la Lune devient réellement bleue quand des éruptions volcaniques, des incendies de forêt ou des tempêtes de poussière projettent de fines particules dans l'atmosphère.

(L'essentiel/20 minutes/afp)