Slovénie

09 janvier 2020 15:18; Act: 09.01.2020 15:41 Print

Une statue de Trump en bois réduite en cendres

Érigée par son auteur, afin de dénoncer les populismes, la controversée «Statue de la liberté» est partie en fumée, dans la nuit de mercredi à jeudi, à Moravce.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Une insolite statue de bois à l'effigie de Donald Trump a entièrement brûlé en Slovénie, probablement visée par un acte de vandalisme, quelques mois après son installation controversée par un architecte local, ont indiqué jeudi, les autorités communales. La Slovénie est le pays natal de Melania Trump, l'épouse du président américain.

Il ne reste rien de la création de huit mètres de haut construite en planches de bois et parodiant le président américain, en costume sombre, cravate rouge, mine renfrognée, célèbre mèche couleur paille, faite de planches dressées vers l'avant. Des pompiers intervenus dans la nuit de mercredi à jeudi, n'ont pu empêcher qu'elle se consume entièrement, a indiqué le maire de la localité de Moravce, située à une trentaine de kilomètres de Ljubljana, et où la statue avait été transférée, le mois dernier.

Un acte de vandalisme?

Ironiquement baptisée «Statue de la liberté» par son auteur, elle avait été inaugurée fin août, dans un village proche de Moravce, où sa présence avait fini par déranger les habitants en raison des nombreux curieux qu'elle attirait. «C'est une attaque contre l'art et la tolérance (...) contre les valeurs fondamentales de l'Europe», a déploré le maire Milan Balazic, regrettant aussi de perdre une attraction pour l'installation de laquelle il avait déboursé 1 500 euros.

Dès sa mise en place l'été dernier, cette effigie destinée, selon son auteur, à dénoncer les populismes, avait échauffé les esprits, partagés entre groupies et détracteurs. Interrogé jeudi, l'architecte slovène Tomaz Schlegl, à l'origine du projet, a dit soupçonner un acte de vandalisme en lien avec l'escalade des tensions au Moyen-Orient, depuis l'élimination par Washington d'un général iranien.

Un projet parodique de «Statue de la liberté»

Peu de temps après son transfert à Moravce, la statue s'était vu affubler d'une moustache, dans une claire référence à celle du dictateur nazi Adolf Hitler. «Je crois que ces attaques sont compréhensibles au vu de ce qui se passe dans le monde», a estimé M. Schlegl.

Cet architecte avait expliqué en août que son projet parodique de «Statue de la liberté» avait été inspiré par la statue de Melania Trump, érigée dans un champ près de sa ville natale de Sevnica. Non moins discuté, ce monument taillé à la tronçonneuse dans un tronc d'arbre et parfois comparé à un «épouvantail», est lui toujours en place.

La statue avant d'avoir brûlé

(L'essentiel/afp)