Droguerie allemande

02 juin 2012 13:52; Act: 02.06.2012 14:02 Print

Schlecker ferme, 13 700 salariés sur le carreau

LUXEMBOURG - Le couperet est tombé vendredi pour Schlecker: la chaîne va mettre la clé sous la porte, laissant sur le carreau près de 14 000 «femmes Schlecker». Le Luxembourg n'est pas touché.

storybild

C'est la fin pour Schlecker. (photo: AFP)

  • par e-mail
Sur ce sujet

C'est l'administrateur judiciaire de la société, Arndt Geiwitz, qui a annoncé le verdict: il n'y a «pas de perspective pour continuer à exploiter Schlecker de manière pérenne ou pour une cession à un investisseur». Le feuilleton qui a tenu l'Allemagne en haleine pendant plusieurs mois, depuis le dépôt de bilan de Schlecker fin janvier, va donc se solder par un démantèlement des quelque 3 000 magasins encore en activité. Les filiales à l'étranger ne sont pas affectées, comme L'essentiel Online le révélait en janvier. En début de semaine, la filiale française a annoncé vouloir rejoindre le réseau Système U.

Début mai, c'est la filiale tchèque qui avait trouvé un repreneur. Le syndicat des services verdi parle de «la plus grosse faillite de l'histoire allemande» depuis la Seconde Guerre mondiale. Aux 13 700 salariées touchées par la décision de vendredi s'ajoutent en effet 12 000 licenciements auxquels Schlecker a déjà procédé en mars pour essayer de sauver les meubles. Mais même après cette cure d'amaigrissement, la chaîne n'a pas attiré les offres. Un candidat potentiel, l'investisseur philanthrope Nicolas Berggruen, a renoncé au dernier moment, dans la nuit de vendredi, a expliqué M. Geiwitz, et les autres offres n'étaient pas crédibles ou trop basses.

Mal payées et surveillées

Schlecker souffre d'une image vieillotte et de la concurrence de nouvelles chaînes de drogueries comme DM ou Rossmann, aux magasins plus vastes et plus attrayants. Depuis 2008, le groupe essuie des pertes. Sa direction familiale - le fondateur Anton Schlecker et ses enfants - a amorcé trop tard un changement de cap. La réputation de Schlecker a été en outre sévèrement écornée par le traitement réservé à ses salariées, mal payées et surveillées. Schlecker emploie une écrasante majorité de femmes, plus toutes jeunes. Peu qualifiées, travaillant pour beaucoup à temps partiel, souvent dans des magasins situés dans de petites localités sans beaucoup d'autres commerces, ces «femmes Schlecker» sont les grandes perdantes de la faillite.

C'est «une catastrophe humaine et sociale pour (elles) et leurs familles», a commenté vendredi la présidente du comité d'entreprise, Christel Hoffmann. Le syndicat verdi rend directement responsable la sphère politique. Vendredi après-midi, les caissières de Schlecker manifestaient devant la chancellerie. Le gouvernement allemand, qui était monté au créneau il y a quelques années pour sauver les emplois chez Opel, a cette fois-ci refusé d'intervenir, voyant dans les déboires de Schlecker les conséquences d'une mauvaise gestion entrepreneuriale. Les tentatives de mettre sur pied une société de reconversion financée par les Etats régionaux ont buté essentiellement sur la résistance du parti libéral FDP, membre de la coalition au gouvernement.

Le ministre libéral de l’Économie Philipp Rösler a à plusieurs reprises estimé, chiffres de postes vacants à l'appui, que les «femmes Schlecker» n'auraient aucun mal à retomber sur leurs pieds. Mais «jusqu'à maintenant, seule une toute petite part des salariées de Schlecker licenciées a réussi à se recaser», a fait valoir verdi vendredi. «La ministre de l'Emploi va s'informer et tout essayer pour aider» les femmes concernées, a dit la chancelière Angela Merkel vendredi. Mais par ailleurs «nous devons prendre acte de la décision», a-t-elle ajouté.

(L'essentiel Online/AFP)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).