Plan social au Luxembourg

13 novembre 2014 10:03; Act: 13.11.2014 14:49 Print

De 50 à 73 licenciements en vue au «Royal»

LUXEMBOURG-VILLE – Alors que des travaux vont démarrer en décembre, l’hôtel 5 étoiles du boulevard Royal, dans la capitale, va se séparer d’une partie de son personnel.

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Alors que l'établissement va engager des travaux qui vont durer plusieurs mois, la direction s'apprête à licencier plusieurs dizaines de personnes. (photo: L'essentiel/Jean-Michel Hennebert)

op Däitsch
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Selon les informations de L'essentiel, le plan social qui s’annonce à l’hôtel «Le Royal» devrait toucher entre 50 et 73 personnes sur un effectif total de 202 salariés. Cette vague de licenciements coïncide avec le démarrage de travaux de rénovation qui vont toucher l’ensemble de l’établissement situé boulevard Royal, dans la capitale. Le chantier concernera notamment les chambres, dont une partie sera inexploitable jusqu’à septembre prochain, date à laquelle il sera terminé.

«Ces travaux nous conduisent à envisager une restructuration et nous nous engageons à accompagner les membres du personnel dans le cadre d’un plan social qui permettra de proposer toute solution alternative visant à éviter ou réduire le nombre de licenciements collectifs», écrit le service des ressources humaines dans une note interne. La stupeur semble toutefois totale dans les rangs des salariés, qui ne comprennent pas pourquoi le fait d’engager des travaux entraîne des licenciements.

«Pourquoi le dialogue ne s’est pas noué plus tôt?»

Même incompréhension du côté des syndicats, qui affirment n’avoir pas encore pu rencontrer la direction. Une première entrevue avec l'OGBL, qui déclare avoir reçu mandat de la part de la délégation du personnel, doit avoir lieu vendredi matin. Soit dix-sept jours avant le début effectif des travaux, le 1er décembre. «Pourquoi le dialogue ne s’est-il pas noué plus tôt? Et pourquoi licencier des gens puisqu’il faudra en embaucher d’autres lorsque l’hôtel fonctionnera à nouveau normalement l’an prochain?», s’interroge Romain Daubenfeld, en charge du secteur hôtellerie à l'OGBL.

Par la voix de Paul de Araujo, le LCGB s’étonne pour sa part que «les syndicats ne soient pas à la table des négociations» et indique suivre le dossier «en back-office». Le recours aux licenciements est-il inévitable? «Il y avait peut-être d’autres moyens comme le compte épargne temps», indique l’OGBL, quand le LCGB parle de «moyens d’atténuer ce qui est en train de se passer. C’est ce qui doit faire partie des négociations». D’un point de vue légal, la mise en route de travaux ne donne accès ni au chômage technique ni au chômage conjoncturel.

«Une promesse de réembauche prioritaire»

Du côté de la délégation du personnel, qui dément avoir donné mandat à un syndicat, on explique en être «au début de la négociation» et «avoir l’envie que tout se déroule au mieux». «La direction a proposé certaines choses, nous ne sommes pas d’accord sur tout», résume Géraldine Mayerus, l’une des cinq personnes présentes dans la délégation. Contactée par L’essentiel jeudi matin, la direction de l’hôtel n’a pas souhaité réagir directement. Le directeur général, Philippe Scheffer, a fait publier à la mi-journée un communiqué dans lequel il confirme la tenue de travaux «de décembre 2014 (…) jusqu’au mois de septembre 2015 minimum».

Le communiqué indique que le chantier «ne sera accompagné que de rares suppressions de postes définitives (inférieures à 5% normalement)» qui «se seraient imposées tôt ou tard». «Une partie de l’établissement restera fermée jusqu’en octobre 2015 et les postes en surnombre seront supprimés temporairement et les employés bénéficieront des mesures de chômage complet (…) avec une promesse de réembauche prioritaire dès la réouverture», conclut le communiqué, qui précise cependant que «les discussions ne sont qu’à leur début».

(Pierre Théobald/L'essentiel)