Nouvelle loi

24 septembre 2014 16:59; Act: 25.09.2014 11:31 Print

«Le Luxembourg a du retard en matière d'IVG»

LUXEMBOURG - Les députés ont discuté, ce mercredi, du nouveau projet de loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) qui devrait être voté d'ici la fin de l'année. Un sujet qui divise.

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L'interruption de grossesse sera uniquement dépénalisée si elle intervient au cours des 12 premières semaines. (photo: DPA)

op Däitsch
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«Le Luxembourg avait du retard en matière de dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), et la nouvelle loi est un pas très important pour la femme», a expliqué ce mercredi Viviane Loschetter (déi Gréng), nommée rapportrice du projet de loi. Les députés de la commission de santé et de la commission juridique ont ainsi eu l'occasion de s'échanger, ce mercredi, avec le ministre de de la Justice, Félix Braz (déi Gréng). Il a présenté cette réforme en présence de la ministre de la Santé, Lydia Mutsch (LSAP).

Le nouveau projet de loi mettra ainsi l'accent sur l'acte volontaire d’interrompre la grossesse et parlera uniquement d'IVG et non pas d'avortement. Jusqu'à la 12e semaine, il ne sera plus inscrit au code pénal et ne sera donc plus passible d'une amende. Le délai légalement autorisé restera cependant fixé à la 12e semaine, seule une interruption pour raisons médicales sera permis au-delà. Sera aussi supprimée du futur texte de loi la notion de «détresse», actuellement nécessaire pour pouvoir y recourir. Une décision que regrette le CSV, qui craint une banalisation de cet acte, alors que d'autres partis la considèrent comme une grande avancée.

La femme décide, pas le père

«Avec cette modification, nous déclarons que la femme est émancipée et peut prendre elle-même cette décision», soutient Viviane Loschetter qui considère qu'il est ridicule de craindre une augmentation des IVG. «Cela restera une décision difficile qu'une femme préfère éviter», met-elle en avant. Autre désaccord: la suppression de la 2e consultation, appelée consultation psychosociale. Un fait dénoncé par le CSV. «Il avait été décidé en 2012 d'évaluer en 2015 cette 2e consultation. Maintenant elle sera abolie, sans qu'aucune évaluation n'en a été faite, sans qu'en en ait discuté et sans avoir d'arguments», souligne Françoise Hetto (CSV).

Selon le CSV il faudrait d'ailleurs accorder plus de pouvoir au père du fœtus en cas de divergences au sein d'un couple. Selon le nouveau projet de loi, la décision incombera à la femme. Elle aura notamment la possibilité de se faire prescrire un IVG médicamenteux par son généraliste, ce qui est actuellement uniquement possible au Planning familial. Elle n'aura plus besoin d’apposer sa signature pour marquer son accord avec la procédure et les filles mineures n'auront plus besoin de l'accord de leurs parents, pour autant qu'elle soient accompagnées par une personne majeure de confiance.

La bourgmestre de la capitale, Lydie Polfer (DP), se dit ce mercredi «pleinement satisfaite» et Franz Fayot (LSAP) rappelle que «le LSAP aurait voulu s'engager sur une telle voie plus tôt, mais (que) cela n'était pas possible avec le CSV en 2012». Serge Urbany (déi lénk) y voit plein d'éléments positifs, mais refuse toutefois à ce qu'on parle de dépénalisation. «Il y aura encore une pénalisation pour la femme qui avorte en dehors du délai de douze semaines», explique-t-il.

(L'essentiel/Laurence Bervard avec Jérôme Wiss)

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Les commentaires les plus populaires

  • Nico le 24.09.2014 22:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @ pragma : tout à fait d'accord avec toi, c'est de la provocation

  • Sigefroid le 25.09.2014 00:17 Report dénoncer ce commentaire

    "Avec cette modification, nous déclarons que la femme est émancipée et peut prendre elle-même cette décision» Le citoyen est aussi émancipé, et pourtant il n'a rien à dire!

  • Sigefroid le 25.09.2014 00:44 Report dénoncer ce commentaire

    "parlera uniquement d'IVG et non pas d'avortement. " Amusant cet exercice de style! On sent directement la touche des linguistes de haut vol! Un avortement est un avortement! IVG ça fait un peu TGV! Vieille bataille de mai 68, "notre ventre est à nous" qui doit donner au Verts l'illusion d'être des Anarchistes! Il n'est qu'à écouter Bauschi, le Proudhon local! Mais c'est quand même une vraie affaire de femmes et si elles ont la maturité, à elles de jugé en âme et conscience! Que de drames et de tristesses parfois. Il faut éduquer tant et plus les jeunes pour éviter ces extrémités douloureuses

Les derniers commentaires

  • Anne-Marie Rey le 02.11.2014 16:56 Report dénoncer ce commentaire

    "plus de pouvoir au père du fœtus " - D'abord, à ce stade, il n'y a pas de "père", seulement un partenaire. Et comment voulez-vous qu'il ait "plus de pouvoir"? On ne peut pas partager l'embryon... (cf. l'histoire de Salomon). Le ventre de la femme ne lui appartient pas!

  • Victor le 26.09.2014 09:31 Report dénoncer ce commentaire

    C'est la femme qui décide! Cela veut dire aussi qu'ils responsabilisent les femmes. Si tout va bien c'est bon, mais si par malheur il y auraient des problèmes ou des disputes plus tard ils renverront la faute sur la femme. On va la montrer du doigt, c'est elle qui a voulu ça, c'est elle qui a pris la décision, allez vous plaindre chez elle! C'est un double tranchant

  • Seulement le 25.09.2014 14:04 Report dénoncer ce commentaire

    en retard...seulement en matière d'IVG ?

    • Vecse le 25.09.2014 18:09 Report dénoncer ce commentaire

      C'est tout le temps la même chose. "On est encore en retard". En retard de quoi? Vous savez me dire ce que c'est le "progrès" et vers où ça mène? Cette chanson, "nous menons l'homme vers le progrès", les grandes dictatures totalitaires l'ont également chanté avec les conséquences qu'on connaît...

  • girouette le 25.09.2014 10:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un enfant ça se fait a deux !!! Et il faut prendre la décision a deux et bien y réfléchir pour que dans un cas comme dans un autre ont ne le regrette pas toute sa vie ! L'ivg est une décision grave et marquante dans le corps d'une femme ...

  • Candycrash le 25.09.2014 09:35 Report dénoncer ce commentaire

    Je suis profondément choquée par ce que je lis "la femme décide pas le père". Je précise d'emblée que je suis une femme. Un enfant se fait à deux et je ne vois pas pourquoi la décision d'interrompre une grossesse reviendrait exclusivement à la mère. Le père est bon juste à payer la pension alimentaire en cas de séparation ? Ok, en pratique, il est parfois difficile d'obtenir le consentement du père (soit qu'il ait disparu dans la nature, soit que la mère ne se souvient pas de qui lui a mis le polichinelle dans le tiroir) mais la phrase me choque terriblement!

    • Logique! le 25.09.2014 15:36 Report dénoncer ce commentaire

      On prend la décision à deux certes mais si les deux n'ont pas la même volonté? Serait il plus juste de donner la décision à l'homme et par conséquent l'imposer à la femme? C'est la femme qui mettra au monde ou avortera pas l'homme! C'est peut être brutal de formuler comme ils l'ont fait, mais je n'en trouve pas une autre et, en fin de compte, c'est tout à fait logique!