Interpellés au Luxembourg

27 novembre 2014 14:57; Act: 27.11.2014 16:12 Print

L'expulsion de lycéens crée la polémique

LUXEMBOURG - Huit familles albanaises et monténégrines ont été reconduites dans leur pays, jeudi. Mais la direction de l'Immigration nie avoir appréhendé des élèves à la sortie des lycées.

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Les 34 Albanais et Monténégrins ont été conduits au centre de rétention du Findel avant d'être expulsés. (photo: Editpress)

op Däitsch
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Le lycée doit-il rester une enceinte protégée de toute intervention des forces de l'ordre concernant les procédures d'expulsion? Le débat est relancé suite à l'information du Quotidien racontant l'interpellation d'une jeune Albanaise de 17 ans devant son établissement, le Lycée technique du centre, mercredi matin. Le LTC était informé depuis deux jours que cinq de ses élèves étaient sous le coup d'une mesure de reconduction. «On nous a même demandé de collaborer, ce qui est inacceptable. L'école doit rester un lieu où les élèves se sentent en sécurité», a réagi Netty Maas, directrice adjointe. La direction du lycée confirme par ailleurs la présence des forces de l'ordre à proximité du bâtiment scolaire.

Faux, selon la direction de l'Immigration du ministère des Affaires étrangères. Dans un communiqué envoyé en début d'après-midi, son porte-parole explique «qu'en aucun cas, ni la police grand-ducale ni les agents de la direction de l'Immigration n'ont procédé à des interceptions à la sortie ou dans les établissements scolaires». Le communiqué révèle cependant que 34 personnes, dont 18 mineurs, toutes originaires d'Albanie et du Monténégro, avaient été renvoyées dans leur pays d'origine jeudi. Seul un jeune n'a pas encore été trouvé par la police. Un de ses parents a donc été autorisé à rester provisoirement sur le territoire luxembourgeois.

Pour l'ASTI (Association de soutien aux travailleurs immigrés), cette situation n'est rien d'autre qu'un retour en arrière des autorités. «Un accord tacite existait avec la direction de l'Immigration depuis à peu près cinq ans. Aucun lycéen ne devait être expulsé pendant l'année scolaire. Je ne sais pas pourquoi le ministère l'a rompu», regrette Laura Zuccoli, présidente de l'ASTI. Et la responsable associative d'ajouter. «C'est un moment traumatisant, même pour les autres enfants. Beaucoup rentrent en pleurs à la maison. Ils ne comprennent pas pourquoi leur camarade est expulsé. Depuis hier, les appels de parents d'élèves se multiplient au standard de l'ASTI...».

(Thomas Holzer/ L'essentiel)