Phénomène

28 juin 2012 07:20; Act: 27.06.2012 19:34 Print

La prostitution bien ancrée au Luxembourg

LUXEMBOURG - La prostitution est une réalité au Grand-Duché autant qu'ailleurs. Elle est ancienne et a connu des mutations.

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La prostitution au Grand-Duché est une réalité autant qu'ailleurs. (photo: AFP)

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«Les bars à champagne et maisons closes ont longtemps constitué les principaux lieux de prostitution au Luxembourg. Après leur fermeture dans les années 70, celle-ci s'est déplacée dans le quartier de la Gare, à Luxembourg-Ville (le tapin de rue semble se limiter à la capitale), les appartements privés et cabarets, bien que ces derniers rejettent toute accusation de proxénétisme», peut-on lire dans la cartographie de la prostitution, tentative avortée de 2006 du ministère de l'Égalité des chances de mieux connaître le phénomène.

En 2001, un règlement de police redistribue les cartes sur le trottoir. Le «quartier chaud» est déplacé des alentours de la poste vers un quartier plus dépeuplé, de l'autre côté de la rue de Hollerich. Les prostituées se partagent la rue parfois durement. Les ressortissantes des pays tiers cantonnées à l'ancien tapin. Les Européennes, dont les Luxembourgeoises, dans le nouveau. Puis, il y a les jeunes toxicos avec une tendance à ne pas respecter les horaires imposés car elles tapinent selon leurs besoins en drogue.

En 2004, le pays abolit l'autorisation de séjour temporaire liée au statut d'artiste. Ce visa, au lieu de causer la diminution de la traite des êtres humains, l'avait en effet fait exploser. «Sur les dernières années, les filles arrivaient chaque mois par centaines», relate Michel Krank, de la section «mœurs» de la police. «Certes, leurs papiers étaient en règle, mais la plupart étaient forcées à se prostituer dans des cabarets».

Aujourd'hui, beaucoup de prostituées se sont retirées dans des appartements aux quatre coins du pays. Et trouvent leurs clients via des annonces en ligne ou dans certains journaux. On pourrait croire qu'elles en auraient profité pour se débarrasser du proxénétisme. Mais quand elles sont en colocation, souvent l'une prend le dessus. Et prélève une part sur le revenu des autres. Le Luxembourg est aussi touché par ce qui se passe ailleurs. Ainsi, parmi les filles, on trouve des frontalières françaises attirées par une législation plus souple et qui disent à leur famille qu'elles travaillent comme vendeuses.

  • Témoignage

    «La prostitution, c'est beaucoup d'argent, mais il est cher payé»

    Christiane* est une quinquagénaire luxembourgeoise comme toutes les autres. Sauf qu'elle reçoit chez elle des hommes pour du sexe tarifé. Un client par jour environ. «Certains viennent pour le plaisir de contrôler, d'autres pour se rassurer sur leur virilité après une panne avec leur légitime». Christiane voit de tout, «du monsieur très classe au jeune qui passe avant sa sortie en boîte». Seule barrière de sélection naturelle, le prix. «Des jeunes disent "j'aimerais bien venir te voir plus d'une fois par mois mais je n'ai pas les moyens d'économiser plus de 100 euros"».

    Christiane a des règles sur lesquelles elle ne transige pas. L'hygiène: «Certains clients essayent de ne pas se doucher pour m'humilier». La sécurité: «J'ai une seconde pour refermer la porte quand un client ne m'inspire pas confiance». Elle dit ne pas agir par manque d'argent car elle a déjà un travail à côté. Comme motivations, elle avance déception amoureuse, viol… La dualité est aussi intense sur ce qu'elle en retire: «Je me sens plus forte mais cela casse le corps et l'esprit. Ce n'est pas de l'argent facile, on paye le prix».

    * Le prénom a été changé.

    (Séverine Goffin )

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    Les commentaires les plus populaires

    • angoiser le 28.06.2012 10:29 Report dénoncer ce commentaire

      F7GO - tu comprends pas quoi??? Ta déjà vu comment la société ce comporte. Si l'homme ne rentre pas dans un moule les filles le regarde même pas alors frustration. Mais bien sur certain ce comporte comme des idiots , je comprends l'attitude des femmes mais l'approche est devenu compliqué

    • Surfer le 28.06.2012 08:23 Report dénoncer ce commentaire

      «Certains clients essayent de ne pas se doucher pour m'humilier» Ils y parviennent ?

    • Naïvo le 28.06.2012 15:25 Report dénoncer ce commentaire

      De quoi parlez vous tous? Je n'ai rien compris.

    Les derniers commentaires

    • rgus le 28.06.2012 19:32 Report dénoncer ce commentaire

      Singapour c est des tarre tant qu à faire ils n ont qu à mettre des chips dans la tête et les neutraliser à distance ceux qui n obéissent pas du genre tu te lave pas les main t es mort à distance. radicale quoi et on ramène hitler à la vie aussi l'île hahahahaha

    • Naïvo le 28.06.2012 15:25 Report dénoncer ce commentaire

      De quoi parlez vous tous? Je n'ai rien compris.

    • le vrai F7GO le 28.06.2012 14:24 Report dénoncer ce commentaire

      oh David, on t'a calé a nouveau. Je crois que l'interdire ou essayer de le faire, ça aurais l'effet contraire. Plus dangereux pour les prostitués, pour les clients, les prix exploseraient, etc etc...c'est pas la solution.

    • F7GO le 28.06.2012 13:01 Report dénoncer ce commentaire

      Arrête de prendre mon speudo yen n'a marre , si elle font de la prostitution ces dans le besoin € ces tout vivent la prostitution

    • Thomas le 28.06.2012 12:47 Report dénoncer ce commentaire

      Je pense qu'on devrait prendre exemple de Singapour, c'est a dire: interdire la prostitution dans le pays, avec des punition très sévères, fermer tout matériel pornographique sur internet, tout magazine et faire des contrôles plus strictes dans ce secteur à l’aéroport. C'est le seul moyen pour faire changer les choses, malheureusement!

      • Frog le 28.06.2012 13:31 Report dénoncer ce commentaire

        Et si quelqu'un regarde quand même de la pornographie il écoupe de 120 coups de fouet et si quelqu'un est reconnu coupable de prostitution bien qu'il n'en ai pas fait il sera pendu!! En même temps les ministres et les gros font venir des prostitués de luxe. Bel exemple que vous donner Thomas!!

      • patchwork le 28.06.2012 14:05 Report dénoncer ce commentaire

        Ils les gèrent comment ?

      • julien sorel le 28.06.2012 14:14 Report dénoncer ce commentaire

        Thomas votre solution n'a aucun sens et ne peut ètre appliquée au grand duché. On ne peut mettre un policier derrière chaque femme et homme désirant faire commerce du charme. Le charme et la chaire sont un commerce et doivent ètre traitées comme tel, exemple la belgique où les filles on un statut de travailleuse et où les clients ne sont pas traquées pour avoir assouvie un désir, qui est tout à fait normal.

      • Dominique S. le 28.06.2012 14:51 Report dénoncer ce commentaire

        Singapour est réputé pour ce centre commercial qui a pris le surnom de "four floors of whores" dans les Orchad Tower, ils ont beau être strict, des milliers de Dominique trouvent chaque année des 'Pinos', 'thais' ou autres 'indonesiennes' et 'Malaysiennes' à cet endroit... Sans papiers la pluspart sinon elles font ça sur le visa vacances et rentrent chez elle après!